Opération de sauvetage risquée

Corps de l'alpiniste frappé par la foudre récupéré

Première publication 5 juillet 2012 à 07h04
Mise à jour : 5 juillet 2012 à 20h21
Corps de l'alpiniste frappé par la foudre récupéré
Crédit photo : TVA Nouvelles
L'homme âgé d'une vingtaine d'années a été foudroyé alors qu'il pratiquait ce sport de grimpe dans le secteur de la Vallée Bras-du-Nord, mercredi en fin d'après-midi.
Par Kathleen Frenette | Agence QMI

Plus de douze heures après avoir été frappé par la foudre, le corps du jeune alpiniste de 21 ans Jean-Philippe Dion a été extirpé de son caveau de pierre par l'équipe de sauvetage de la Sûreté du Québec.

Une opération périlleuse, puisque le corps du jeune homme avait été déposé au sol par son compagnon de cordée, Jean-Daniel Labonté.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

«Les deux alpinistes redescendaient la paroi lorsque la foudre a frappé la victime. Son ami l'a descendu au sol et lorsqu'il a constaté qu'il était en arrêt cardiorespiratoire, il a pratiqué les manœuvres de réanimation», a expliqué Ann Mathieu, porte-parole à la SQ.

Puisque la victime ne présentait plus de signes vitaux, Jean-Daniel n'a eu d'autre choix que d'abandonner le corps de son ami à la montagne pour aller chercher des secours.


(Crédit photo: Agence QMI)

«Il a laissé au sol des pistes pour que l'équipe de sauvetage puisse retrouver le corps de la victime, qui a finalement été repéré et transporté à l'hôpital très tôt en matinée», a ajouté la policière.

Sous le choc

Pour alerter les secours, le jeune homme, qui a aussi 21 ans, a dû parcourir trois kilomètres au volant de sa voiture pour se rendre à la barrière de la zec Batiscan-Neilson.

«Lorsqu'il est arrivé, il était sous le choc. Nous avons joint les secours et il disait qu'il avait lui aussi été touché, parce qu'il sentait le courant dans ses jambes», a raconté Josée, la femme qui se trouve à l'accueil de la zec.
Selon elle, l'ami de la victime ne cessait de se culpabiliser, répétant à de nombreuses reprises qu'il avait tout fait pour sauver son meilleur ami.

Avant d'effectuer la descente qui a été fatale à Jean-Philippe, les deux copains avaient dormi près du site de grimpe.

Parti en faisant ce qu'il aimait

«C'est un événement excessivement triste et j'espère que le jeune garçon pourra s'en remettre sans trop de séquelles», a ajouté la femme, visiblement ébranlée par la tragédie.

«La seule consolation que ses parents et que sa famille pourront avoir, c'est qu'il est parti en faisant ce qu'il aimait et qu'il n'a pas souffert», a aussi ajouté un autre homme qui se trouvait là.

En matinée, le directeur adjoint de la Vallée du Bras-du-Nord s'est aussi présenté sur les lieux de l'accident pour tenter de comprendre ce qui avait pu se passer.

«Ce sont vraiment des gens qui font de l'escalade régulièrement et qui connaissent la paroi qui viennent ici. Ce sont des lieux plus ou moins faciles d'accès et il faut une bonne connaissance technique pour pouvoir s'y rendre», a expliqué Étienne Dumont.

Le dernier décès d'un grimpeur, survenu dans la Vallée du Bras-du-Nord, s'est produit en janvier 1997, aux chutes Delaney, non loin de l'endroit où Jean-Philippe Dion a perdu la vie.

Prévoir l'imprévisible

Aucune erreur de grimpage, de cordage ou de connaissance n'est en cause dans l'accident qui a coûté la vie à l'alpiniste Jean-Philippe Dion, mort après avoir été foudroyé.

«Dans ce cas, on peut vraiment dire que c'est la nature qui a décidé de venir chercher son homme. Personne n'aurait pu prévoir et ça aurait pu arriver à n'importe qui», a dit François-Guy Thivierge, directeur général de Roc Gyms.

Celui qui a atteint le sommet de l'Everest et qui a grimpé les sept plus hauts sommets des sept continents n'en revenait pas que la foudre soit venue frapper le jeune homme. Selon lui, aucune recommandation ne pourrait prévenir ce genre de drame.

«Je n'ai jamais entendu parler d'une histoire comme celle-là avant. C'est un cas sur un million pour que ça arrive et, malheureusement, c'est tombé sur ce jeune homme», a-t-il dit.

Selon lui, bien qu'il y ait une certaine marche à suivre lorsque les grimpeurs se font prendre par un orage en montagne, personne ne peut réellement prévoir.

«On peut prendre les bulletins météo fréquemment, on doit éloigner les pièces métalliques de notre corps, se tenir loin de la paroi... Des choses somme toute difficiles à faire lorsqu'on est en descente», a-t-il expliqué.

Même s'il ne connaissait pas personnellement les deux jeunes hommes, il a assuré que c'est toute la communauté des alpinistes qui était touchée par la tragédie.

«Vous savez, nous sommes 50 000 grimpeurs au Québec et la famille de la montagne, c'est une petite famille, a-t-il dit. On a une pensée pour les parents du jeune homme, pour sa famille, ses amis. Désormais, c'est évident que lorsque le temps sera moins clément, chaque alpiniste se souviendra de ce jeune homme.»

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