
Le soir du 31 juillet 2007, Cédrika Provencher, une fillette de 9 ans sans histoire, est partie faire une promenade à vélo à Trois-Rivières. Cinq ans plus tard, elle n'est toujours pas rentrée à la maison.
Chaque année depuis 5 ans, la douleur est vive pour la famille de la disparue. Toutefois, c'est un «mal nécessaire», selon le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, pour qui le plus grand danger serait peut-être l'oubli.
Les grand-parents et le père de Cédrika, le 31 juillet 2010, à l'occasion du troisième anniversaire de la disparition de la fillette. (Agence QMI)
Cinq ans se sont écoulés depuis qu'il a vu sa petite fille pour la dernière fois. Jamais il n'aurait pensé que le calvaire serait aussi long. «C'est comme si c'était hier et en même temps une éternité. Dans un sens, on imagine toujours que ça va se terminer le lendemain. Cette perspective nous donne l'énergie de continuer», témoigne-t-il.
Le téléphone sonne moins souvent qu'autrefois au quartier général de la famille Provencher, d'où les recherches sont menées depuis cinq ans, et la boîte courriel n'est pas ensevelie comme c'était le cas lorsque Cédrika faisait les manchettes, reconnaît M. Provencher.
«On reçoit beaucoup moins d'informations qu'auparavant, mais on en reçoit continuellement. On les prend au sérieux. On se fait un devoir de vérifier toutes les informations qu'on reçoit. Je lis tous les courriels.»
Si M. Provencher tient toujours à ce que soit souligné le triste anniversaire de la disparition de sa petite fille, c'est aussi pour que les images de Cédrika continuent de confronter celui ou celle qui pourrait être responsable du drame.
«On ne doit pas cesser de harceler les gens qui ont pu poser ce geste. Plus il va y avoir de photos placardées, plus la personne qui a posé le geste et les gens qui l'entourent devront se le rappeler.» C'est d'ailleurs pourquoi une campagne d'affichage sera relancée.
«La personne qui a fait cette chose-là a des parents, des amis, des collègues de travail. Il y a sûrement quelqu'un aux alentours qui est au courant de quelque chose qui pourrait nous aider, croit M. Provencher. Nous ce qui nous importe, c'est de savoir où est Cédrika, pas d'arrêter quelqu'un. Pour ça, la police fera son travail. Après cinq ans, il faut briser le silence.»
Bien qu'il admet être usé par toute cette histoire, Henri Provencher n'est pas près de baisser les bras. « Je ne fais que m'imaginer être dans la peau de Cédrika qui serait quelque part, et de m'imaginer qu'on arrête les recherches. Ce serait abominable. C'est ce qui me motive à continuer.»
Plusieurs questions restées en suspens taraudent M. Provencher. «Est-ce que la petite est décédée, est-ce qu'on l'a maltraitée? Si elle est en vie, est-ce qu'on en prend soin ou est-ce qu'on lui fait de la misère? C'est tout ça qui est fatigant et c'est pour ça qu'on ne lâchera jamais.»
Ne pas lâcher est aussi une façon d'envoyer un message, explique-t-il. « On ne peut pas accepter de choses semblables. On ne peut pas garder les enfants en cage pendant que les loups se promènent en liberté.»
Cédrika Provencher aurait 14 ans.
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