Meurtre de Chénier Dupuy

Une commande des Hells Angels

Première publication 14 août 2012 à 06h17
Par Marc Pigeon et Éric Thibault | Agence QMI

L'assassinat spectaculaire du chef de gang Chénier Dupuy, vendredi, en plein stationnement des Galeries d'Anjou, pourrait avoir été commandé par les Hells Angels, qui souhaitaient protéger un lucratif territoire de vente de drogues.

Le week-end a été sanglant pour des membres influents du gang de rue des Rouges. Vendredi en milieu de soirée, Chénier «Big» Dupuy et un acolyte de 32 ans - qui a survécu, mais a refusé de collaborer avec les policiers - ont été criblés de balles par un assassin qui les attendaient.

Le chef de gang Chénier Dupuy assassiné en plein stationnement des Galeries d'Anjou vendredi dernier (Agence QMI)

Quelques heures plus tard, Lamartine Severe Paul, cousin du caïd Ducarme Joseph, a connu le même sort que Dupuy, à Laval. «Paulo» a été liquidé par un tireur embusqué alors qu'il arrivait chez lui, boulevard Samson.

Plusieurs observateurs y sont allés de leurs opinions, dimanche et lundi, pour expliquer les raisons ayant mené aux exécutions du week-end. Guerre intestine, guerre Rouges/Bleus, mafia italienne, retour de Vito Rizzuto.

Mais la piste la plus sérieuse aux yeux de la police de Montréal (SPVM) est celle selon laquelle les Hells Angels seraient à l'origine du bain de sang, a appris le Journal de Montréal.

(Agence QMI)

Persona non grata

Selon nos informations, des enquêteurs du SPVM, de la Sûreté du Québec et de la Gendarmerie royale du Canada travaillent présentement en étroite collaboration afin d'élucider ces deux meurtres, qui laissent présager la possibilité de violentes représailles.

Condamné à 20 mois de prison après s'être fait arrêter avec de grosses quantités de stupéfiants, Dupuy a repris sa liberté au printemps dernier et il est revenu au centre-ville de Montréal, dans l'espoir de regagner ses territoires de vente de drogue.

Leader présumé des Bo-Gars, Chénier Dupuy n'avait plus rien à voir avec les petits criminels de ruelles. Il était un cerveau du trafic de drogue et était fortement suspecté par la police d'œuvrer dans les fraudes immobilières et la criminalité financière.

Mais les territoires qu'il convoitait à son retour de prison sont maintenant contrôlés par les Hells Angels. Comme le Journal le rapportait en juin, les Syndicates, gang de rue à la solde des Hells, en mènent large au centre-ville depuis que leur tuteur, Gregory Woolley, est sorti de prison après 11 ans passés à l'ombre, en juillet 2011.

Les Syndicates, connus par les policiers pour faire affaire avec des gangs de rue d'allégeance « bleue », ont été fondés à la fin des années 90 sous la recommandation de Maurice « Mom » Boucher, au plus fort de la guerre que les Hells Angels livraient aux Rock Machine. Woolley, alors membre des Rockers (l'ex-club-école des Hells), était un homme de confiance du chef de cette bande de motards.

Après que Chénier Dupuy ait été prévenu de quitter le centre-ville, un contrat a été mis sur sa tête. Le SPVM, mis au courant de l'affaire, a avisé Dupuy de la menace qui pesait sur lui. Bien qu'il prenait quelques précautions particulières, le vétéran leader des Bo-Gars ne s'en faisait semble-til pas trop avec cette menace.

Meurtre non relié

Par ailleurs, toujours selon nos sources, un troisième meurtre survenu en fin de semaine, à Montréal, ne serait pas relié à ceux des deux vétérans des Rouges. Un homme d'origine italienne, âgé de 33 ans, a été tué par balle avant d'être découvert samedi, dans un luxueux penthouse du chemin de la Côte-des-Neiges.

 
 
 
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