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Le chauffeur de taxi pris pour cible lors d'une fusillade survenue mardi dans Montréal-Nord s'en est miraculeusement sorti indemne. Il assure ne pas connaître ses agresseurs et craint désormais pour sa vie.
Au moins cinq cartouches ont été tirées. Les balles ont explosé la fenêtre côté conducteur et laissé de profondes marques d'impact sur la portière du taxi.
(Agence QMI)
Mais contre toute attente, aucune d'elles n'a atteint le chauffeur qui se stationnait devant chez lui lorsque les tireurs ont ouvert le feu.
«J'ai été tellement surpris que je ne me suis même pas baissé pour me protéger. La vitre est tombée sur mes jambes, j'étais tétanisé» confie l'homme de 51 ans au lendemain de son agression.
Après avoir ramené ses deux dernières clientes de la soirée, la victime, qui préfère taire son identité, a pris la direction de son domicile. Arrivé à hauteur de la rue Monselet sur le boulevard Saint- Michel, le chauffeur a remarqué qu'une voiture rouge s'était arrêtée à côté de lui à la lumière. Il était environ 1h45.
«J'ai continué mon chemin sans faire attention. Je suis arrivé chez moi passé Fleury, et c'est là que j'ai vu le véhicule rouge s'arrêter de nouveau près de mon taxi. Dedans, il y avait deux hommes noirs dans la vingtaine», décrit- il précisant que c'est le passager qui a tiré.
Le chauffeur affirme qu'il ne connaît aucun des deux agresseurs. «Je ne les avais jamais vus avant. C'est un miracle que je sois encore en vie. Et si j'étais mort, ç'a aurait été un meurtre totalement gratuit», ajoute-t-il.
Installé depuis 17 ans à Montréal avec sa famille, le chauffeur de taxi d'origine haïtienne a déjà subi une première agression en décembre dernier.
«Je ramenais trois clients dans Montréal-Nord. Quand je suis arrivé à destination, ils m'ont frappé, attaché à mon volant et ont volé tout l'argent que j'avais dans la voiture», raconte- t- il, ne sachant pas s'il y a un lien entre les deux affaires.
Désormais, il craint pour sa vie. Même s'il sait qu'il devra reprendre sans tarder son travail.
«Je dois continuer, je n'ai pas le choix, j'ai des enfants. Mais j'ai très peur qu'ils s'en reprennent à moi. Si seulement je connaissais mes agresseurs, je pourrais au moins faire attention», estime-t-il.
Après une fin de semaine meurtrière frappant plusieurs membres de la mafia italienne à Montréal, le chauffeur de taxi assure qu'il n'est mêlé ni de près ni de loin aux gangs de rue.
«Je ne fais pas d'affaires avec eux. Je n'ai pas d'amis ici. Je fais ma petite vie tranquille dans mon coin sans m'occuper de personne. Je travaille et je rentre chez moi avec ma famille. Je ne sors jamais», explique-t-il.
Rencontrés par le Journal, plusieurs voisins ont été réveillés par les coups de feu dans la nuit de lundi à mardi.
«Ça s'est passé juste devant chez nous. On était en plein sommeil et on a sursauté comme des fous, témoigne une voisine. On était affolé et on n'a pas réussi à se rendormir.»
Quelques appartements plus loin, une autre résidente confie être allée tout de suite voir si ses trois enfants se portaient bien. «Ça fait très peur. On ne sait pas ce qu'il s'est passé et pourquoi c'est arrivé ici, juste sous nos yeux», réalise-t-elle.
Mardi après-midi, le Service de police de la Ville de Montréal n'avait encore arrêté aucun suspect.
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