Commotion sur l'autoroute 20

Elle saute d'un viaduc avec sa fille dans les bras

Première publication 31 août 2012 à 05h08
Mise à jour : 31 août 2012 à 20h20
Agence QMI

Une femme de 36 ans pourrait être accusée de tentative de meurtre après qu'elle eût sauté d'un viaduc du boulevard Fénélon, avec sa fille de trois ans dans les bras, pour tomber en bordure de l'autoroute 20, jeudi soir, à Montréal.

(Agence QMI)

Selon les policiers, c'est peu après 20 h 30 que la dame a immobilisé son véhicule sur le boulevard. Elle a pris sa fillette de trois ans dans ses bras avant de sauter en bas du viaduc.

Tombées sur l'accotement, la mère a subi une fracture du bassin et des fractures aux jambes et a été transportée à l'hôpital. Elle devrait comparaître au palais de justice de Montréal lundi.

La fillette s'en est miraculeusement sortie indemne. Elle a temporairement été prise en charge par des membres de la famille.

(Agence QMI)

L'autoroute 20 a été fermée à la circulation en direction est pendant une partie de la nuit, alors que les policiers menaient leur enquête.

Drames familiaux

Au Québec, plusieurs autres drames familiaux ont attiré l'attention dans les dernières années. L'un des plus médiatisés est sans nul doute l'affaire Guy Turcotte, ce médecin qui a assassiné ses deux enfants en février 2009.

Puis, en juillet 2011 à Warwick, Jocelyn Marcoux a tué ses deux enfants avant de s'enlever la vie.

Si ce type de crime familial est surtout associé à une figure paternelle, les cas où la mère commet l'irréparable sont moins fréquents.

Selon le psychologue Gilles Vachon, la femme qui tente de tuer son enfant attire plus facilement la sympathie.

«On attribue socialement beaucoup plus de motivations d'agression et de méchanceté aux hommes qui font ça, et beaucoup plus de motivations de désespoir aux femmes qui font ça», explique-t-il.

Un expert psycholégal, le Dr Hubert Van Gijseghem pousse plus loin la réflexion et affirme que la société comprend mieux la détresse de la mère que celle du père.

«[La mère] veut amener ses enfants avec elle, pour que ses enfants, eux aussi, ne souffrent pas comme elle. Tandis qu'il est bien connu [...] que lorsqu'un père tue ses enfants, malheureusement, c'est par vengeance», avance-t-il.

Dans tous les cas, les psychiatres et les psychologues s'entendent pour dire que les parents qui vivent des situations de détresse psychologique doivent absolument consulter.

«Le réflexe d'aller chercher de l'aide lorsqu'on est désespéré, malgré [le travail de] tous mes collègues, on n'arrive pas à l'implanter», se désole Gilles Vachon.


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