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Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson, doit élaborer cet automne l'ébauche d'un code d'éthique encadrant les relations amoureuses entre agents de la GRC, alors qu'il a lui-même vécu deux idylles avec des collègues, dont la plus récente soulève certaines craintes au sujet de possible conflit d'intérêts.
Bob Paulson s'est marié une première fois en 1984 avec une collègue de travail, puis une deuxième fois, cet été, avec une haute fonctionnaire chargée d'enquêter sur la GRC pour le Bureau du Conseil privé. Cette seconde union est le résultat d'une relation extraconjugale.
Plusieurs craignent que les expériences personnelles de M. Paulson puissent l'empêcher de mettre en place un véritable code d'éthique encadrant les relations amoureuses en milieu de travail.
«La situation soulève certainement des doutes, a affirmé Darryl Davies, professeur en criminologie à l'Université Carleton à Ottawa. Il ne peut pas effectuer cette tâche de manière crédible.»
Plus encore, le mariage entre Bob Paulson et Erin O'Gorman soulève des craintes quant à la présence de conflits d'intérêts. Leur relation s'est amorcée alors que M. Paulson travaillait sur des dossiers de sécurité nationale à la GRC et que Mme O'Gorman travaillait sur des dossiers reliés à la GRC pour le conseiller à la sécurité nationale auprès du premier ministre, au Bureau du Conseil privé.
«Il n'y a rien à craindre, s'est contenté d'affirmer Raymond Rivet, porte-parole pour le Bureau du Conseil privé. Les employés de la fonction publique se conforment à des standards d'éthique stricts.»
(Photo Reuters)
Bob Paulson a refusé d'être interviewé. Il a toutefois formulé un commentaire par courriel, en réponse aux questions envoyées par l'Agence QMI.
«Quant aux relations amoureuses en milieu de travail, il est important de considérer si cela provoque un déséquilibre du pouvoir, a-t-il écrit. Dans mon cas, il n'y en avait pas. Il n'y avait pas non plus de conflit d'intérêts, réel ou perçu. Nos collègues étaient bien au fait de notre relation. Si vous en saviez plus au sujet de cette situation particulière, vous écririez différemment.»
Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique Vic Toews a affirmé qu'il serait «inapproprié» de commenter la vie personnelle de hauts fonctionnaires. Aucun député libéral ou néo-démocrate n'a voulu commenter cette affaire.
Pour Janet Merlo, qui a travaillé pendant 19 ans comme agente de la GRC à Nanaimo, en Colombie-Britannique, ce futur code d'éthique s'apparente plus à une opération de relation publique qu'à une véritable volonté de sévir.
Alléguant avoir été victime de harcèlement sexuel répétitif de la part d'anciens collègues de sexe masculin, Mme Merlo a intenté une poursuite civile, plus tôt cette année.
«Ils ne peuvent pas vraiment passer de règlement qui interdira aux employés de la GRC d'avoir des relations amoureuses en milieu de travail, a-t-elle dit. Ça ne fonctionnera pas. C'est une simple tentative de Paulson pour avoir l'air de prendre la situation en main. Il ne s'attaque pas au vrai problème, le mauvais traitement que les femmes subissent.»
«La seule façon de pouvoir aider qui que ce soit, ce serait que le règlement inclue une clause qui oblige une personne vivant une relation amoureuse en milieu de travail à aviser la direction de la GRC et son conjoint ou sa conjointe», a ajouté Mme Merlo.
Relation extraconjugale
Bob Paulson a rencontré sa première épouse, Frances Manktelow, alors qu'ils travaillaient tous les deux pour les Forces canadiennes en Colombie-Britannique. On a demandé à M. Paulson, qui a suivi une formation comme pilote militaire, «de ne pas renouveler son contrat et de quitter son emploi», selon un affidavit rempli par Mme Manktelow lors du divorce. Le même mois où il quittait les Forces canadiennes, Bob Paulson se mariait avec Mme Manktelow.
M. Paulson a refusé de répondre aux questions entourant les circonstances de son départ de l'armée.
Ce premier mariage a commencé à battre de l'aile, toujours selon l'affidavit de Mme Manktelow, après que M. Paulson eut participé, avec Mme O'Gorman, à un cours de gestion du personnel dans la fonction publique en 2008. Ce cours les aurait tous les deux conduits dans plus de 15 pays, sur une période d'un an. M. Paulson n'a pas voulu dévoiler le moment où sa relation avec Mme O'Gorman avait débuté.
Quoi qu'il en soit, Mme Manktelow et M. Paulson ont tous les deux déclaré à la cour que M. Paulson avait déménagé de la maison familiale en date du 1er juillet 2009. Mme Manktelow a ajouté que son mari avait emménagé chez Mme O'Gorman en octobre 2010.
Avant qu'il n'emménage avec elle, Mme O'Gorman a toutefois laissé son emploi au Bureau du Conseil privé pour prendre un poste de cadre intermédiaire chez Transports Canada, un emploi qu'elle occupe toujours selon le Bureau du Conseil privé. M. Paulson a, quant à lui, continué de gravir les échelons, jusqu'à devenir commissaire de la GRC, en novembre 2011.
Le même mois, il a entamé les procédures de divorce avec Mme Manktelow.
Le divorce s'est concrétisé le 17 juin. M. Paulson et Mme O'Gorman se sont mariés deux mois plus tard.
«Je suis très au fait des risques que comportent les relations amoureuses en milieu de travail pour les autres employés et l'organisation en tant que telle, a écrit M. Paulson dans son courriel envoyé à l'Agence QMI. Lorsque les consultations seront complétées, nous mettrons en œuvre une politique protégeant à la fois les employés et l'organisation.»
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