Trop de «zones grises»

La loi du corridor de sécurité incomprise, non respectée

Première publication 8 octobre 2012 à 13h02
Mise à jour : 8 octobre 2012 à 18h40
TVA Nouvelles

La mort d'un policier de la Sûreté du Québec dimanche à Bois-des-Filion, soulève des doutes quant à l'efficacité de la nouvelle mesure du corridor de sécurité.

«Ce qui est arrivé en fin de semaine confirme nos craintes quant à cette loi», a déclaré Marie Boucher, la femme de Vincent Roy, le policier tué à Bromont le 1er décembre 2011, alors qu'il donnait une contravention.

«Il y a plusieurs zones grises dans cette loi.»

Samedi, Donovan Lagrange, 33 ans, est mort après avoir été happé pendant une opération radar, à Bois-des-Filion, dans les Laurentides.

Les premiers éléments de l'enquête en cours portent à croire que l'homme qui a fauché le policier Lagrange tentait de respecter le corridor de sécurité. Le conducteur aurait ralenti à l'approche de la voiture patrouille, mais le véhicule qui le suivait lui serait rentré dedans, le poussant à percuter le policier qui a perdu la vie.

Décès en trop

Le décès de deux policiers en moins d'un an, dans les mêmes circonstances, est inadmissible, dit Mme Boucher.

Marie Boucher (TVA Nouvelles)

Maintenant, elle se demande si la loi est bien comprise par les automobilistes. «Il y a plusieurs zones grises dans cette loi. Qu'est-ce que ça veut dire de se tasser, de ralentir? Je ne suis pas certaine que le message est bien passé.»

Mme Boucher se dit ébranlée par cette nouvelle tragédie, croyant que la nouvelle loi offrait un sentiment de sécurité aux policiers, ambulanciers et leurs familles. «Ça nous avait apporté un certain baume», dit Mme Boucher.

«Là, ça ressemble à du copier-coller, j'en reviens pas! Je suis sous le choc», laisse-t-elle tomber.

Responsabilités du conducteur

Mais, même si la loi n'est toujours pas respectée, Marie Boucher ne croit pas que des contraventions plus salées sont nécessairement la réponse au problème.

Afin que cette loi soit bien appliquée, les automobilistes devront plutôt repenser à leurs habitudes en tant que conducteur et prendre conscience de leurs responsabilités, estime Mme Boucher.

«Quelle est notre responsabilité quand on a un véhicule entre nos mains?» demande-t-elle. «On est dans une société pressée, même si je ne veux pas être moralisatrice. Il y a des conducteurs pressés.»

Rappelons qu'un conducteur qui ne respecte pas le corridor de sécurité s'expose à une amende de 200 à 300$ et risque d'écoper de quatre points d'inaptitude.

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