Nouvelle controverse autour d'une policière

Arrestation musclée par le matricule 728

Première publication 11 octobre 2012 à 09h07
Mise à jour : 11 octobre 2012 à 13h30
Agence QMI

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a pas tenté de défendre le comportement de la policière Stéfanie Trudeau, répondant au matricule 728, lors d'une arrestation musclée qui s'est déroulée dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, le 2 octobre dernier.

«C'est vraiment un dérapage», a dit Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), jeudi matin, à l'émission Le négociateur à LCN.

«C'est troublant, c'est inacceptable», a précisé le commandant Lafrenière qui a ajouté que les policiers n'étaient pas fiers de ce genre d'intervention. C'est pour cette raison que Stéfanie Trudeau a été retirée des opérations dès que le SPVM a été mis au courant de cet événement, a mentionné M. Lafrenière.

Le matricule 728 n'aura temporairement plus aucun contact avec le public. Une enquête a été ouverte à son sujet. Toutefois, aucune plainte en déontologie policière n'a été déposée par les personnes impliquées dans cette arrestation.

Selon des extraits audio et vidéo enregistrés sur les lieux et diffusés par Radio-Canada, la policière a réagi avec force après vu un homme boire une bière sur l'avenue Papineau à côté de la porte de son logement.

La situation a par la suite dégénéré à un niveau de violence difficilement explicable, notamment en raison de l'attitude de Stéfanie Trudeau. Au terme de l'opération, une vingtaine de voitures de police étaient sur les lieux et quatre personnes en état d'arrestation.

Après avoir saisi le cellulaire d'une des personnes arrêtées, l'agente Trudeau a appuyé par inadvertance sur le bouton d'enregistrement de l'appareil. Sans le savoir, sa description de l'événement a été enregistrée sur l'appareil.

Elle y va d'un vocabulaire cru pour décrire les suspects: «On a sauté dessus, on a réussi à le menotter, mais pendant ce temps-là, tous les rats qui étaient en haut, les gratteux de guitares, ces ostie de carrés rouges là, tous des artistes ostie, en tous cas, des mangeux de marde, ils ont commencé à sortir de l'appartement. On s'est retrouvé, il y en avait six ou sept autour de nous autres qui criaient.»

Les quatre personnes arrêtées lors de cette opération doivent d'ailleurs faire face à la justice pour entraves à un agent de la paix, voies de fait et intimidation.

Dénoncée aussi à l'hôtel de ville

Les actions de Stéfanie Trudeau ont aussi été dénoncées à l'hôtel de ville de Montréal.

«Ce n'est pas le comportement qu'on veut voir de nos policiers», a affirmé Michael Applebaum, bras droit de Gérald Tremblay et président du comité exécutif, en pointe de presse.

«Il y a une convention collective, je pense que c'est au syndicat de regarder le comportement de la madame et, de notre côté, la police va faire une enquête et va prendre les décisions après que l'enquête soit terminée», a-t-il ajouté.

La chef de l'opposition officielle à Montréal, Louise Harel, était aussi outrée. «Je pense que l'agente ne mérite pas de porter l'uniforme du SPVM et je pense que c'est de la violence gratuite. Elle doit être retirée des opérations immédiatement», a-t-elle affirmé en pointe de presse.

Pas une première

Stéfanie Trudeau avait déjà fait parler d'elle en mai dernier, lors des manifestations étudiantes à Montréal, à la suite de la diffusion d'une vidéo amateur où on peut la voir asperger du gaz poivré sur des manifestants qui cherchaient à la provoquer.

À la suite de cet évènement, une enquête avait été menée par la déontologie policière et l'agente au matricule 728 avait été retirée du service d'ordre tenu lors des manifestations.

En novembre 2001, Stéfanie Trudeau avait reçu une sanction de six jours de suspension après avoir adopté «une attitude agressive envers les membres du personnel de l'Hôpital Sainte-Justine» lors d'une enquête, révélait le jugement du comité de déontologie policière du Québec.

Elle a fait l'objet d'autres plaintes qui se sont terminées par la médiation ou par l'abandon des procédures.

En vidéo

 
 
 
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