Des partys tolérés

Beuverie dans l'autobus scolaire

Première publication 12 octobre 2012 à 04h54
Par Héloïse Archambault | Journal de Montréal

De véritables partys ambulants s'organisent dans des autobus scolaires, où des jeunes se saoulent toute une nuit.

Ce phénomène pour le moins surprenant sera mis au jour dans un reportage de l'émission JE, diffusé ce soir.

Le principe est simple. Une quarantaine de jeunes adultes louent un autobus à une compagnie pour se rendre à un bar. Durant le trajet, le véhicule devient une discothèque, où l'alcool coule à flot.

Direction Québec

Grâce à une caméra cachée, le reportage montre des jeunes qui boivent en choeur et font des concours de calage, tandis que d'autres chantent à tue-tête sur une musique pour le moins festive. Des images montrent même un jeune homme faire du body surfing.

«C'est moi le champion», s'exclame un participant après avoir calé son verre.

«Tu manques quelque chose de ta vie si tu ne montes pas dans le party bus», crie un autre.

L'enquête de JE a suivi un groupe de jeunes qui partait des Promenades Saint-Bruno, sur la Rive-Sud de Montréal, pour se rendre au bar Dagobert, à Québec.

Après quelques mises en garde du promoteur de l'événement, l'autobus se met en marche, et le party commence.

Pourtant, le Code de la sécurité routière interdit aux occupants d'un véhicule routier de consommer des boissons alcoolisées.

Questionnée par la journaliste, la chauffeuse d'autobus a répondu qu'elle n'a aucun problème à ce qu'il y ait un party dans le véhicule.

Un des promoteurs de ces événements a même indiqué que la pratique est acceptée.

Pratique tolérée

«C'est toléré parce que tu as un chauffeur désigné pour la gang, explique Kevin. On s'est déjà fait arrêter, et on n'a rien eu. Mais, si tu tombes sur un policier chiant, ça peut arriver.»

«Il n'y a pas matière à tolérance. Si les infractions sont constatées, il faut les sanctionner, réplique plutôt le sergent Gomez, de la Sûreté du Québec. Il en va de la sécurité des usagers de la route.»

JE s'est par ailleurs rendue dans un stationnement au retour d'un party bus. Avec un alcootest, la journaliste a pu constater que des participants dépassaient la limite permise pour conduire. D'autres jeunes avaient désigné un conducteur, ou allaient prendre un taxi.

Finis les partys

Appelée à réagir, la compagnie d'autobus impliquée dans le reportage a indiqué qu'elle mettra fin à cette pratique.

«Il n'y en aura plus de voyages. On va faire ce qu'on fait de mieux, du transport scolaire» , a indiqué un porte-parole d'Autobus Robert Limitée.

À la Société de l'assurance automobile du Québec, on assure qu'un suivi sera effectué.

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