Mort d'un parachutiste

Une pièce défectueuse responsable ?

Première publication 25 octobre 2012 à 13h31
Mise à jour : 25 octobre 2012 à 18h17
TVA Nouvelles

La mort d'un parachutiste, il y a un peu plus d'un an, à Lévis, pourrait être attribuable à un défaut de fabrication du dispositif de déclenchement automatique de son parachute de secours.

C'est le constat du coroner Martin Clavet, qui conclut à une mort violente accidentelle de Patrick Lamy, 37 ans.

Patrick Lamy(Courtoisie)

Patrick Lamy, ex-militaire et grand sportif, en était à son 12e saut, le 14 septembre 2011, lorsqu'il s'est présenté à l'école de parachutisme Atmosphair vers 15 h.

À 12 500 pieds, il s'est lancé en bas de l'avion mais, pour une raison qu'on ignore, il n'a jamais actionné son parachute principal. Là-dessus, le coroner se demande s'il a pu être désorienté par la présence de nuages, au moment de son saut.

Pièce défectueuse

À 1040 pieds, le dispositif de déclenchement automatique (DDA) de son parachute de secours s'est bel et bien déclenché mais un défaut de fabrication a empêché le parachute de se déployer.

DDADispositif de déclenchement automatique (TVA Nouvelles)

Les DDA sont constitués d'un cylindre à l'intérieur duquel une charge explosive projette une lame qui va couper une cordelette insérée dans un oeillet de l'appareil et, ainsi, provoquer le déploiement du parachute de secours. Dans le cas du DDA installé sur le parachute de secours de Patrick Lamy, le fabricant avait omis d'insérer la lame dans le cylindre. Les appareils de ce type ont d'ailleurs ensuite été l'objet d'un rappel de leur fabricant.

Selon le rapport, Patrick Lamy a ensuite tenté, manuellement, de faire déployer son parachute de secours mais, avec ses mains gantées, il semble qu'il ait d'abord tiré au mauvais endroit. Lorsqu'il a fini par tirer sur la poignée du parachute de secours, il était trop tard.

Après 57 secondes de chute, on estime que le malheureux a frappé le sol à la vitesse de 230 km/h. On l'a retrouvé mort, le parachute de secours déployé à ses côtés.

Recommandations

Le coroner Clavet note que Patrick Lamy ne s'était présenté à l'école de parachutisme que 20 minutes avant le décollage de son avion et il se demande si c'était vraiment suffisant pour que la victime se trouve dans un état d'esprit optimal pour semblable exercice.

Le coroner croit qu'on aurait dû envisager de reporter le saut de Patrick Lamy et il recommande à Atmosphair d'instaurer une période de préparation minimale avant le saut d'un parachutiste.

Par ailleurs, le DDA défectueux ayant été l'objet d'un rapel, le coroner Clavet recommande à l'Association canadienne de parachutisme de s'assurer que toutes les écoles et centres de parachutisme du pays ont retourné les dispositifs à leur fabricant pour qu'ils soient remplacés.

Réactions

Chez Atmosphair, le copropriétaire, Francis Belzile, se dit aucunement surpris et pleinement satisfait des recommandations du coroner. Des recommandations, dit-il, qu'il avait déjà commencer à appliquer. Entre autres, on exige maintenant que les parachutistes se présentent au moins 30 minutes avant le départ de leur appareil.

Quant au DDA défectueux, il n'y avait aucun moyen de voir si l'assemblage du cylindre était défectueux, d'expliquer M. Belzile.

«Ce qu'on peut voir, c'est si le système électronique fonctionne. Dans notre cas, le système électronique fonctionnait très bien. L'intérieur (du cylindre)... ils sont venus ici, ils ont vérifié, l'Armée a vérifié... ç'a pris des rayons X pour savoir qu'il n'y avait pas de lame à l'intérieur.»

Par la suite, les gens de chez Atmosphair ont appris qu'avec un simple aimant, il y avait moyen de vérifier si la lame était bien installée dans le dispositif parce qu'elle est faite d'acier doux, alors que les autres composantes sont en acier inoxydable.

Atmosphair avait en main cinq dispositifs défectueux qu'elle a évidemment tous fait remplacer par leur fabricant.

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