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Après des mois de débats houleux, la réforme du système de santé américain a finalement été adoptée dimanche soir, donnant au président Barack Obama une grande victoire politique et à des dizaines de millions d’Américains une assurance-maladie qu’ils n’avaient pas jusque-là.
La réaction du président Obama
La Chambre des représentants a adopté le projet de réforme par 219-212. Pas un seul républicain n’a voté avec la majorité.
Plus tôt dimanche, le président Obama avait obtenu une entente avec un groupe de démocrates antiavortement qui menaçaient de voter contre la réforme. Une fois ces représentants ralliés à sa cause, le président avait l’assurance d’une majorité au Congrès, garantissant l’adoption de son projet. Cela n’a pas empêché les républicains d’attaquer sur la question de l’avortement, mettant en doute la parole du président dans ce dossier. Bien qu’un haut placé républicain, John Boehner, ait demandé plus tôt à ses troupes d’agir «en adultes», un cri de «Tueur de bébés!» s’est tout de même fait entendre lors d’une allocution du leader du groupe démocrate, Bart Stupak.
Les représentants devaient d’abord voter pour le projet de loi tel qu’adopté au Sénat, puis pour une série de modifications, sur laquelle le Sénat devrait voter au cours des prochains jours. Le deuxième vote s’est conclu 219-211, avec une abstention démocrate.
Les membres de l’opposition républicaine n’ont pas manqué de relancer le débat entre les deux votes, présentant une mesure procédurale pour retarder le processus. L’ambiance au Congrès était houleuse, les deux camps se huant et s’invectivant régulièrement, une répétition des nombreuses heures de débat qui ont eu lieu dimanche.
La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a été la dernière à prendre la parole avant les votes finaux. «C’est une proposition qui honore la tradition de notre pays», a-t-elle plaidé avant d’énumérer les avantages de la réforme. La Californienne a également longuement vanté le travail de Barack Obama dans ce dossier, en plus d’invoquer feu Ted Kennedy.
Le chef de la minorité républicaine, John Boehner, a donné le dernier discours de son parti au Congrès. Sur un ton enflammé, il a fustigé le contenu du projet de loi tout comme le procédé politique qui l’a entouré. «Nous n’avons pas écouté les Américains», a-t-il déploré. Aux démocrates, il a dit: «honte à vous qui allez à l’encontre des citoyens que vous représentez!» Il a également parlé de bris de confiance avec le public américain.
Le vote s’est terminé par un coup de marteau, mais pas n’importe lequel: pour l’occasion, les démocrates avaient apporté le même marteau que lors de l’adoption, en 1965, du programme Medicare, qui offre une assurance-maladie publique à certains groupes d’Américains, notamment les retraités.
Les grandes lignes de la réforme
Le projet adopté assure que pour la première fois, la plupart des Américains seraient soumis à l'exigence de se doter d'une couverture, sous peine de se voir infliger des pénalités en cas de refus. Les compagnies d'assurance ne pourraient plus refuser l'octroi d'une couverture en raison d'antécédents médicaux. Le projet prévoit aussi un accroissement du programme Medicaid, qui fournira des soins payés par le gouvernement à des millions de personnes disposant de bas revenus.
Des analystes au Congrès ont évalué le coût de la réforme à 940 milliards de dollars sur une décennie, en combinant les deux textes présentés au Sénat et à la Chambre des représentants. D’autres analystes sont arrivés à la conclusion que la réforme permettra au gouvernement américain d’économiser à long terme.
(TVA Nouvelles)
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