Mort des sœurs Bélanger

Des délais qui s'éternisent pour la famille

Première publication 18 juin 2012 à 18h40
Mise à jour : 18 juin 2012 à 23h25
Des délais qui s'éternisent pour la famille
Crédit photo : Agence QMI
Par Jean-Nicolas Blanchet et Jean-François Racine | Agence QMI

La famille Noémie et Audrey Bélanger, décédées subitement en Thaïlande, s'inquiète de la lenteur du processus de rapatriement et craint de devoir faire le deuil de Noémi et d'Audrey sans que la véritable cause de leur décès ait été élucidée.

Lundi, le média thaïlandais Phucket News a rapporté que les deux corps ont été examinés sommairement par un médecin. Selon lui, les deux sœurs auraient été empoisonnées lors d'un repas comprenant du poisson-globe ou des champignons toxiques.

La famille peine à croire cette version, puisque les conclusions relèvent d'une évaluation sommaire et non pas de l'autopsie, qui n'a étrangement toujours pas été effectuée. Le fait que les deux femmes n'aient pas été en mesure de demander de l'aide suscite aussi des questionnements.

S'il n'est pas apprêté adéquatement, poisson-globe, aussi appelé poisson-ballon ou « fugu », peut être toxique. La mort peut survenir dans un délai de quatre à six heures par arrêt respiratoire après une paralysie. Un cas d'empoisonnement a été mortel sur les 17 répertoriés au Japon en 2011. Banni en Thaïlande depuis 2002, le fugu est un mets raffiné, surtout cuisiné au Japon. Aucune recherche n'a permis de retracer un empoisonnement mortel causé par le fugu en Thaïlande depuis cinq ans.

Lundi matin, un membre de la famille proche des victimes a joint Le Journal de Québec pour partager les inquiétudes de la famille quant aux délais du processus de rapatriement et de l'autopsie. C'est alors qu'un représentant du journal a appris à la famille l'hypothèse lancée par le médecin thaïlandais.

«Ont-elles été les seules à avoir mangé ça? Pourquoi auraient-elles été les seules à être malades? C'est nébuleux. Noémie [la grande sœur] a fait la Chine et l'Europe; elle était toujours prudente, a-t-il raconté. Je n'y crois pas. Nous, on veut seulement que l'autopsie soit pratiquée le plus vite possible.»

La famille, qui ne pense pas se rendre en Thaïlande, a ajouté qu'elle demandera aux autorités québécoises de pratiquer également une autopsie en sol québécois dès que les corps rentreront au Canada, ce qui devrait avoir lieu la semaine prochaine.
Lundi matin, les corps des deux femmes n'étaient toujours pas à Bangkok, là où doit être pratiquée l'autopsie. Cela préoccupe la famille, qui a été avertie que l'autopsie se devait d'être réalisée moins de 72 heures après le décès pour permettre aux spécialistes de retracer les substances qui auraient pu provoquer leur mort.

«Ça fait 120 heures que les filles sont mortes, les preuves s'effacent. Ce qu'on veut, c'est que le décès de nos filles ne tombe pas dans le vide. Nos démarches sauveront peut-être des vies», a-t-il poursuivi. Il précise avoir eu la confirmation qu'aucun bien des deux femmes n'a été volé.

Étrangement, l'ambassade a été en mesure d'aller sur la scène du drame et de ramener tous les effets personnels des deux femmes à Bangkok, mais les corps sont demeurés dans une région voisine des lieux du drame.

 
 
 
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