Sommet Rio 20

La lutte aux changements climatiques, un texte truffé de généralités

Première publication 20 juin 2012 à 23h38
La lutte aux changements climatiques, un texte truffé de généralités
Crédit photo : Reuters
Par Régys Caron | Agence QMI

Le Sommet Rio 20 sur la lutte aux changements climatiques est sur le point d'accoucher d'une souris. Les 130 chefs d'État et de gouvernement présents à Rio de Janeiro viennent de s'entendre sur un texte truffé de généralités, selon plusieurs observateurs.

«Le texte ne va pas aussi loin qu'on l'aurait voulu, surtout pour ceux qui étaient là il y a 20 ans», a reconnu le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui avait dirigé la délégation canadienne à Rio, en 1992, à titre de ministre fédéral de l'Environnement. Rio 1992 avait conduit à l'adoption du protocole de Kyoto en 1997 auquel plusieurs pays sont liés. Ce protocole vise à réduire de 6% sous le niveau de 1990 les émissions de six gaz à effet de serre entre 2008 et 2012.

L'AQLPA déçue

«Les pays ont carrément failli à la tâche de mettre en place de réelles mesures ici, à Rio, afin de protéger les générations futures, l'environnement et de combattre les nombreux enjeux sociaux créés par notre système économique complètement inéquitable», a déploré l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA).

La crise financière qui affecte l'Europe et les États-Unis de même que les transitions politiques en cours dans la gouvernance de plusieurs grandes puissances rendaient peu probables les grandes avancées pour la lutte aux changements climatiques à Rio, croit Jean Charest.

Steven Guilbault, porte-parole d'Équiterre, a déploré « le manque d'ambition totale » des chefs de pays représentés au Sommet de Rio. « Il y a des pays qui se prennent en main. Les plus réfractaires à l'action sont les plus riches, les pays qui ont le plus de moyens techniques. Ce sont le Canada, les États-Unis, le Japon », a déploré M. Guilbault.

Lobby pétrolier

À son avis, le lobby pétrolier constitue un obstacle puissant à la décarbonisation de l'environnement. Les grandes compagnies pétrolières reçoivent des subventions publiques à hauteur de plus de 750 milliards $ par année, a-t-il laissé tomber. «On subventionne leurs profits. Il y a une trop grande proximité entre nos chefs d'État et le lobby pétrolier.»

Le message finira bien par passer, croit Jean Charest. «Il faut absolument lier le dossier des changements climatiques à la croissance économique.»

 
 
 
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