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Après de longs mois d'attente, Maude Leduc Préfontaine a gagné son pari en devenant la toute première infirmière québécoise reconnue en France, en vertu de l'entente mutuelle signée avec le Québec en 2010.
«Cela a exigé beaucoup d'adaptation. Il y a eu certains moments de désespoir, mais les deux dernières années ont été riches d'expériences», formule la jeune femme âgée de 31 ans, originaire de Saint-Damase, dans le Bas-Saint-Laurent.
Jean Charest en compagnie de l'ancien président français Nicolas Sarkozy, lors de la signature de l'Arrangement de reconnaissance mutuelle en 2010 (Agence QMI)
Infirmière bachelière formée à l'Université du Québec à Rimouski, Maude Leduc Préfontaine était rattachée à l'unité des naissances de l'hôpital Sainte-Justine, avant son départ pour la France.
Il lui a fallu faire preuve de patience avant de venir à bout des formalités administratives et obtenir enfin le feu vert pour commencer son stage obligatoire de 75 jours, près de Perpignan, dans le Midi.
«J'ai fini mon stage en clinique privée (dotée d'une urgence et de lits de médecine) à la fin mars. J'ai reçu mon papier officiel en juin seulement. Ce n'est pas gagné d'avance pour les infirmières québécoises, mais la porte est ouverte», souligne-t-elle.
La jeune femme s'est installée là-bas avec son conjoint de nationalité française et leurs trois jeunes enfants. Lorsque le Journal de Québec l'a jointe, elle en était à ses premiers jours de travail dans une unité psychiatrique d'un hôpital public, à Perpignan.
«J'ai été bien accueillie. C'est une adaptation constante, mais j'ai espoir d'y trouver ma place. Les infirmières cliniciennes sont bien formées au Québec, ce qui facilite les choses quand on arrive en France», exprime la jeune infirmière.
Elle a eu quelques surprises jusqu'ici. «Les infirmières françaises considèrent encore que c'est leur rôle de faire les toilettes des patients. Ces tâches devraient être déléguées aux aides-soignantes.»
«Par contre, les infirmières françaises partent en ambulance avec les médecins (le SAMU), ce qui représente un défi professionnel intéressant. Dans les blocs opératoires, on retrouve des infirmières anesthésistes qui font un peu le travail des inhalothérapeutes, au Québec», observe Maude Leduc Préfontaine.
Une dizaine d'infirmières québécoises sont actuellement en stage en France, dans le cadre de l'Arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM). L'une d'entre elles est sur le point de terminer son stage dans un hôpital parisien.
Elle devrait obtenir la reconnaissance de son diplôme sous peu par l'Ordre national des infirmiers, en France.
«Je ne suis pas convaincue que toutes les régions françaises sont au courant de l'ARM. Des infirmières québécoises se sont présentées dans certaines agences régionales de santé qui n'avaient jamais entendu parler de cet accord», rapporte la jeune femme.
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