L'innocence des Musulmans

Un film qui n'aurait pas dû être pris au sérieux

Première publication 17 septembre 2012 à 06h27
Un film qui n'aurait pas dû être pris au sérieux
Crédit photo : AFP
Par Anabel Cossette Civitella | Journal de Montréal

La violence qui a cours au Moyen-Orient est produite et sert une minorité qui n'est pas représentative de l'ensemble de la population.

«Ce qui est fou et bizarre, c'est que [le film L'innocence des Musulmans] n'aurait pas dû être pris au sérieux», réagit Rachad Antonius à la suite de la violence qui a secoué le Moyen-Orient ces derniers jours.

En tant que directeur adjoint de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté, et spécialiste des sociétés arabes, M. Antonius croit que le très médiatisé film sert une «logique tribale».

Des individus montrent le film, puis brandissent l'argument de la haine occidentale en espérant se faire passer pour des défenseurs de l'Islam, croit-il.

«La tribu engage tous ses partisans sous une même bannière», généralisant du même coup l'acte d'un individu à tous les Américains.

Pour M. Antonius, il est possible que l'orientation religieuse du présumé auteur du film - un chrétien copte - empire la situation en Égypte.

«La tension est déjà là, mais ça va peut-être revitaliser le conflit», convient-il.

Réactions démesurées

Même si seule une fraction de la population arabe réagit, les gens qui manifestent dans la violence le font pour défouler une frustration de longue date, suppose le professeur de sociologie à l'UQAM.

Avec l'occupation américaine, «c'est comme la cerise sur le sundae», illustre-t-il pour expliquer la réaction virulente du monde arabe.

Il souligne aussi un appel au calme «trop tardif et trop timide» de la part des autorités musulmanes.

Et ici, à Montréal, les réactions ne sont pas moins enflammées.

«Les manifestations montrent aux musulmans une image négative d'eux-mêmes. Les gens sont mal à l'aise avec toute cette violence, veulent la condamner, mais ne veulent pas non plus jeter de l'huile sur le feu», spécule-t-il pour expliquer la réticence des Montréalais à s'identifier lorsqu'il est question de commenter les événements de la dernière semaine.

 
 
 
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