Messages privés sur Facebook

Bogue informatique ou panique collective?

Première publication 25 septembre 2012 à 10h58
 Bogue informatique ou panique collective?
Crédit photo : AFP - Montage
TVA Nouvelles

Depuis quelques heures, une question taraude les utilisateurs du réseau socionumérique Facebook. Se pourrait-il que leurs conversations privées aient été rendues publiques?

Véritable bogue informatique ou vertigineuse hallucination 2.0 ? Décryptage.

De nombreux utilisateurs étaient convaincus, ce lundi, que des messages privés s'étaient involontairement retrouvés sur leur journal public (timeline). Largement relayée sur les médias socionumériques, l'information s'est répandue comme une traînée de poudre. L'énervement était palpable et les craintes exacerbées.

Pourtant, les doutes persistent sur la véracité du dysfonctionnement. Interpellé par la rumeur persistante, Facebook s'est défendu de toute «atteinte à la privée».

Plusieurs utilisateurs ont la conviction que leurs discussions privées ont été rendues publiques. (Capture d'écran - Facebook)

«Nos ingénieurs ont examiné les rapports et ont constaté que ce sont d'anciennes publications qui sont visibles depuis toujours sur les profils des utilisateurs», a expliqué un porte-parole du réseau «bleu foncé».

Malgré le démenti, Facebook n'a pas réussi à juguler la rumeur et à rassurer ses utilisateurs. Le gouvernement français affiche d'ailleurs son scepticisme face aux explications du géant des réseaux.

Ces précisions «ne sont pas très convaincantes», a laissé entendre la ministre déléguée à l'Économie numérique Fleur Pellerin.

La ministre est allée jusqu'à conseiller aux utilisateurs de porter plainte si le dysfonctionnement était avéré. Du même coup, le gouvernement français a sommé la direction de Facebook de se justifier, mardi, à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL)

«La vie privée, un problème de vieux cons ?»

Le tollé médiatique aura néanmoins l'utilité d'alimenter les discussions autour d'un enjeu prioritaire: la protection des données, à l'ère où les internautes sèment leur identité numérique à tous les vents.

Jean-Marc Manach, auteur de La vie privée, un problème de vieux cons, dénote un phénomène de banalisation de la surveillance lié à l'utilisation des réseaux socionumériques.

«Cela fait des années que je me tue à répéter qu'il n'y a pas de "vie privée" sur Facebook: sur un "réseau social", on mène une "vie sociale", voire une "vie publique"», insiste-t-il dans un billet de blogue publié sur le site du quotidien Le Monde.

Il explique notamment comment la surveillance et l'espionnage se sont insidieusement intégrés dans le quotidien et ne sont plus la panacée des services secrets.

«Les gens n'ont pas attendu ce "bug" pour espionner leurs conjoints, enfants, parents, collègues, employés, patrons, colocataires, etc.» fait remarquer M. Manach sur son blogue, avant d'ajouter que «l'espionnage de la correspondance privée [...] est aujourd'hui à la portée de n'importe qui, ou presque».

Qu'il soit avéré ou non, le bogue a mis à mal l'action de Facebook. Depuis le déclenchement de ce malaise général, le cours a chuté d'environ 9%, passant à 20,71$.

 
 
 
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