Fremont, aux États-Unis

La vallée des prisons

Première publication 6 octobre 2012 à 13h55
TVA Nouvelles

Vito Rizzuto est de retour en sol canadien, mais le parrain de la mafia montréalaise a séjourné avec de nombreux autres prisonniers dans un pénitencier de sécurité maximale dans la Vallée des prisons à Florence.

Le comté de Frfemont au Colorado est ainsi dénommé pour son importante industrie carcérale. On y trouve 36 000 habitants, 13 prisons et 7731 détenus.

Parmi ces détenus sont les prisonniers qui ont le plus marqué l'histoire des États-Unis. On y trouve notamment Terry Lynn Nichols, co-conspirateur de l'attentat d'Oklahoma City, Zacarias Moussaoui, pour les attaques du 11 septembre à New York et Ted Kaczynski, le Unabomber. La prison a été justement construite, au coût de 60M$, pour détenir les criminels considérés comme étant les plus dangereux.

(Photo TVA Nouvelles)

Dans cette petite ville, durement touchée par la récession, plusieurs bâtiments sont délabrés et ses habitants peinent à trouver un emploi. Le milieu carcéral est un des seuls employeurs de la région. Pour trouver du boulot, les jeunes doivent aspirer à travailler dans les prisons ou comme policier. Sinon, plusieurs finissent par travailler dans la restauration rapide.

Mais pour dénicher un de ces emplois, encore faut-il avoir les bons contacts. «C'est dur», raconte un jeune de 18 ans, à la recherche d'un emploi. «Il faut connaître quelqu'un qui travaille dans les prisons.»

Le commissaire de Fremont county, Ed Norden, avait d'ailleurs déclaré : «Il est important de savoir, quand une récession nous frappe et lorsqu'on a une industrie telle que celle des prisons, ces emplois-là ne risquent pas d'être perdus. On ne va pas rendre la liberté aux prisonniers pendant une récession.»

Des entreprises qui en profitent

Le cordonnier de Fremont est tout de même heureux d'avoir cette industrie. «Les gens qui travaillent à la prison viennent chez nous pour faire réparer leur équipement.»

Mais, la propriétaire d'un motel à un kilomètre du pénitencier porte tout de même un jugement sévère sur le monde carcéral américain. «Parfois, nous les (les prisonniers) traitons comme des animaux», dit-elle.

Elle donne en exemple la dernière visite du fils d'Abdul Rahman Yasin, accusé pour les attentats du World Trade Center en 1993. «On ne lui avait même pas dit que son père avait été transféré», dit-elle avec tristesse.

 
 
 
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