Témoignage

En prison au Panama: une Québécoise au coeur d'une violente émeute

Première publication 26 octobre 2012 à 16h49
Par Geneviève Paradis | TVA Nouvelles

Une Québécoise emprisonnée au Panama vit des heures d'enfer alors qu'une émeute d'une violence inouïe a éclaté entre les murs de l'établissement carcéral où elle se trouve, à Panama City.

Sandra Mallon, qui purge une sentence de six ans de prison pour trafic de drogue, mais qui clame son innocence depuis le début, a raconté à TVA Nouvelles le cauchemar qu'elle vit du fond de sa cellule.

(photo: Reuters et site web de Sandra Mallon)

«Il y a des feux, des tirs de AK-47, des policiers tirent de tous bords tous côtés, il y a des lancements de bombes lacrymogènes, des gens sont blessés, tués, laissés à eux-mêmes» explique Mme Mallon, avec le souffle coupé.

«J'ai vu une fille se faire tirer, j'ai en ai vue une autre se faire poignarder», raconte Sandra Mallon avec de nombreux sanglots dans la voix.

La Québécoise, emprisonnée depuis trois ans, raconte qu'elle a même été obligée de frapper à coups de bâton une autre détenue qui la menaçait de la poignarder.

(Google Maps)

«J'ai été obligée de la frapper (sanglots) je ne sais pas dans quel état elle est. J'ai frappé la femme pour pouvoir rester en vie, j'ai été obligée de me défendre» se désole-t-elle.

«Les femmes sont armées de canettes de 'Raid', de spray, de pelles, de bâtons de pic de couteaux, de chaudières d'eau chaude parce qu'il y a encore des groupes de femmes, d'autres prisonnières qui viennent de l'extérieur pour nous voler cellulaire, argent, télévision. Elles sont armées de machettes, bâtons et tout ce qu'elles peuvent trouver.»

(Reuters)

L'émeute était toujours en cours vendredi vers 15h, heure du Québec, et la situation semblait vouloir perdurer. Des détenues ont allumé des feux à l'entrée de l'établissement carcéral pour empêcher les policiers d'y entrer.

«Les policiers sont à l'extérieur, les agents se sont sauvés, il n'y a plus personne pour nous protéger», désespère Mme Mallon.

Climat politique tendu

Depuis une semaine, le Panama connaît de violentes manifestations qui ont fait trois morts, et au moins 11 blessés. La population manifeste contre une loi sur la vente de terrains publics situés dans une zone franche, située à l'entrée du canal de Panama.

(Reuters)

Pillage, vol et autres manifestations violentes sont survenus à Panama City, lors desquelles plus de 200 personnes ont été arrêtées.

Parmi les opposants, si certains refusent totalement la vente de ces terrains publics, d'autres demandent que le produit des ventes soit réinvesti à 100% dans le développement social de la région. Dans le texte de loi sur cette transaction, seulement 35% irait à la population.

Selon l'AFP, les violences semblaient se résorber en fin de journée, vendredi.

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