Ouragan Sandy

En attendant Frankenstorm

Première publication 28 octobre 2012 à 19h51
En attendant Frankenstorm
Crédit photo : Agence QMI
Par Marie-Joëlle Parent | Agence QMI

Les montagnes de valises sur les trottoirs, les bébés qui pleurent, les voitures de police ordonnant l'évacuation avec des haut-parleurs, les étagères de bouteilles d'eau vides dans les épiceries... certains quartiers de New York avaient des airs de film catastrophe à l'approche de l'ouragan Sandy.

En particulier dans Battery Park, quartier de la pointe sud de Manhattan, situé dans la zone d'évacuation ordonnée par le maire Bloomberg. Ce quartier est peuplé de jeunes familles et les parents affichaient un air inquiet en chargeant leurs voitures de sacs d'épicerie et bagages dimanche après-midi.

La plupart des familles ont préféré ne pas prendre de risques. C'est le cas des Sandler. «On ne peut pas rester ici si le courant est coupé. On n'a pas le choix, on a trois enfants et un chien. Les immeubles ont averti les résidents que les ascenseurs seront fermés si l'eau commence à monter», a dit M. Sandler.


(Crédit photo: Agence QMI)

La plupart des immeubles et commerces avaient déjà installé des sacs de sable devant leurs portes. On entendait au loin les sirènes des camions d'urgence et les sifflets incessants des portiers qui n'arrivaient pas à trouver de taxis pour les résidents. Les habitants du quartier se disaient au revoir à travers des piles de valises. «Be safe buddy!» a dit l'un d'eux à son voisin.

West Side Highway, l'autoroute qui longe la côte ouest de Manhattan, était complètement bloquée en direction nord seulement. Une file interminable de voitures tentait de quitter la ville. Encore une fois, comme dans une scène de film.

Dans une pharmacie de Battery Park, les étagères de bouteilles d'eau et barres énergétiques étaient complètement vides. À l'épicerie Whole Foods, les files d'attente aux caisses étaient interminables et les paniers étaient remplis jusqu'au bord.

Les New Yorkais se réveilleront lundi matin dans une ville paralysée, une ville de huit millions d'habitants sans son métro, l'équivalent de son réseau sanguin. C'est la deuxième fois dans l'histoire de la ville qu'on ferme le réseau de transport. Les écoles publiques et les parcs sont également fermés. Plus d'un million d'étudiants ont congé.


(Crédit photo: Agence QMI)

Les New Yorkais ont une impression de déjà vu. En août 2011, l'ouragan Irene avait aussi forcé l'évacuation de zones à risque, mais avait frappé beaucoup moins fort que prévu. Certains New Yorkais, qui avaient quitté leur logement, ne le feront pas cette fois-ci. C'est le cas d'Atilla Karasapan, un employé de Citi Bank. «Rien n'est arrivé avec Irene, cette fois je reste, je suis prêt. Si l'eau commence à monter dangereusement, je vais quitter par contre», a-t-il dit les bras chargés de sacs d'épicerie.

J'habite à la limite d'une des zones d'évacuation. En août 2011, avant l'arrivée d'Irene, j'avais décidé de quitter. Cette fois, j'ai décidé de rester.

Dans Battery Park toujours, je suis même tombée sur un chasseur de tempêtes venu d'aussi loin que l'Oklahoma. «J'ai attendu ça toute ma vie. Ça ne va jamais se reproduire de pouvoir chasser une tempête comme celle-là en pleine ville de New York, c'est historique», a dit Jeff Piotrowski devant son camion rempli d'équipement et de vivres. «Si le courant lâche, la situation en ville va être absolument misérable. Les New Yorkais ne savent pas à quoi ils s'apprêtent faire face», a-t-il conclu.

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.