Infidélité et sécurité nationale

David Petraeus et sa famille sont dévastés

Première publication 12 novembre 2012 à 19h59
TVA Nouvelles selon AFP

L'ex-directeur de la CIA, David Petraeus, qui a dû démissionner parce qu'il avait eu une liaison extra-conjugale, est complètement dévasté par cette affaire, ainsi que ses proches. Un ami de la famille, Steve Boylan, s'est confié à l'AFP.

«Il regrette (cette liaison) à beaucoup d'égards, je ne pense pas que qui que ce soit puisse imaginer comme ça l'a affecté lui, sa famille, et à un certain niveau le pays, parce qu'il occupait un poste qui réclamait un engagement total», a déclaré Steve Boylan, ami et ancien porte-parole de Petraeus qui a été en contact avec celui-ci pendant le week-end.

«Il regrette son manque de discernement et son manque de discipline probablement plus qu'il ne pourrait l'expliquer avec des mots», a-t-il déclaré.

Paula Broadwell, l'amante de David Petraeus. (Reuters)

M. Patraeus a averti sa femme, avec qui il est marié depuis près de 38 ans, qu'il l'avait trompé avant que l'affaire ne soit rendue publique. «Dire qu'elle est déçue et furieuse est un euphémisme», a également souligné Steve Boylan. Le couple a deux enfants qui sont maintenant adultes.

Le secrétaire à la Défense et prédécesseur de M. Patraeus à la CIA a pour sa part jugé que celui-ci avait pris la bonne décision en démissionnant. «Je pense qu'il est très important quand vous êtes directeur de la CIA, avec tous les défis que vous devez relever, que vous ayiez avant toute chose une intégrité personnelle», a-t-il déclaré.

D'autres parts, les élus du Congrès se sont questionnés quant à savoir pourquoi ils n'avaient pas été informés plus tôt de ce fait par la Maison Blanche et la CIA, craignant des atteintes sérieuses à la sécurité nationale. Il a fallu quatre mois pour prévenir les représentants de cette brèche.

Certains élus républicains ont même fait poindre la crainte d'un complot en s'interrogeant sur la coïncidence de cette démission avec les auditions à huis clos prévues cette semaine devant le Congrès sur l'attaque contre le consulat américain le 11 septembre à Benghazi, en Libye.

David Petraeus devait témoigner, mais ce sera finalement le directeur adjoint de l'agence, Michael Morell, qui ira à sa place. Toutefois, ce témoignage pourrait être insuffisant, selon certains analystes.

Sécurité nationale

Plusieurs se demandent ce que savait le directeur de la CIA, mais surtout sur ce qu'il a pu dire à Paula Broadwell, qui était également sa biographe.

D'après les éléments ayant filtré de sources anonymes dans la presse, tout a débuté au «début de l'été», quand le FBI a ouvert une enquête sur six courriers électroniques anonymes de menace envoyés à Jill Kelley, 37 ans, résidant à Tampa (Floride, sud-est).

Jill Kelley, 37 ans, à l'origine de l'enquête du FBI. (Reuters)

Alors qu'ils enquêtaient sur cette affaire de courriels menaçants, ils ont trouvé dans la boîte courriel de Paula Broadwell, des traces de conversations intimes avec David Petraeus. La liaison entre la mère de famille de 40 ans et le général a débuté en novembre 2011. Elle s'est terminée deux mois après la prise de fonction de David Petraeus à la CIA, et pris fin en juillet.

Les enquêteurs ont informé alors de leur découverte leur hiérarchie et le ministère de la Justice dont ils dépendent, mais ils ont poursuivi leurs investigations.

Après avoir entendu Mme Broadwell et M. Petraeus, le FBI a estimé au vu des faits que le chef de la CIA n'avait commis aucun délit.

Ce n'est que le 6 novembre, jour de l'élection, que le supérieur de David Petraeus, le directeur national du renseignement (DNI) James Clapper, fut mis au courant. La Maison Blanche l'a été le lendemain.

 
 
 
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