Affaire Patraeus

Paula Broadwell et Jill Kelley: des courriels qui en disent long

Première publication 13 novembre 2012 à 15h58
Paula Broadwell et Jill Kelley: des courriels qui en disent long
Crédit photo : Reuters
Jill Kelley (à gauche) et Paula Broadwell (à droite).
TVA Nouvelles, AFP

Les courriels envoyés par Paula Broadwell à Jill Kelley, dans l'affaire Patraeus, n'auraient jamais vraiment été menaçants selon ce que révèle le site The Daily Beast.

Paula Broadwell, qui avait une relation intime avec le chef de la CIA David Patraeus, n'aurait visiblement jamais menacé directement Jill Kelley, mais lui aurait plutôt demandé de s'éloigner la base MacDill Air Force Base, située en Floride. «Pour qui te prends-tu? Tu traînes autour de la base, tu ferais mieux de ne pas t'y présenter» font partie des propos tenus par Broadwell.

Paula Broadwell regarde le général Patraeus. La femme de celui-ci, Holly, est à l'avant-plan. (photo: AFP)

Dans l'une de ces missives, la biographe et amante de Patraeus, accuse Jill Kelley d'avoir touché de façon provocante sous la table le général Petraeus.

Toutefois Patraeus n'est pas mentionné ouvertement dans l'échange de courriels entre les deux femmes. D'ailleurs, rien ne laissait présager dans les écrits entre les deux femmes que Patraeus se trouvait au cœur d'une relation extraconjugale.

La plaignante, Jill Kelley, riche mondaine d'origine libanaise, affirme que le couple qu'elle forme avec son conjoint, le Dr Scott Kelley, était amis proches de la famille Patraeus. Ils auraient été invités régulièrement aux soirées organisées par le général, et vice-versa.

LE FBI n'avait pas matière à enquête

Les agents du FBI responsables d'enquêter sur les crimes sur Internet n'ont pas vu matière à continuer une enquête, mais sont tout de même allé de l'avant.

Ils ont poursuivi parce que cette demande d'investigation avait été effectuée par un ami de Jill Kelley, un agent du FBI.

Jill Kelley (photo: Reuters)

Cet agent semble s'être même épris d'elle. «Obsédé» par cette affaire, le FBI lui a interdit de s'impliquer davantage, selon le Wall Street Journal. Une enquête interne a même révélé que l'agent, avant l'affaire des courriels anonymes, lui avait envoyé des photos de lui, torse nu.

Après avoir obtenu un mandat permettant de vérifier tous les courriels de Paula Broadwell, les agents fédéraux ont découvert sa relation avec le général Patraeus. Ils y ont aussi découvert l'envoi de documents non classifiés.

Interrogés par le FBI, Patraeus et Broadwell ont admis leur relation, mais rien dans l'enquête n'a permis de croire que la sécurité nationale était en question.

La plaignante, Jill Kelley avait-elle une relation?

Jill Kelley, 37 ans, qui se disait victime de harcèlement par Paula Broadwell, aurait échangé des messages informatiques intenses «déplacés» et confinant au «flirt» avec le chef de la coalition en Afghanistan, John Allen.

Une enquête du Pentagone a été instaurée pour faire la lumière sur la nature de ces informations. D'ailleurs, la nomination du général Allen au au poste prestigieux de commandant suprême des forces de l'OTAN a été suspendue, a rapporté le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain (NSC), Tommy Vietor.

John Allen (photo: Reuters)

Le secrétaire à la Défense Leon Panetta, qui dit avoir été informé dimanche de cette nouvelle affaire par le FBI, a saisi l'Inspection générale du Pentagone d'une enquête.

En cause, 20 000 à 30 000 pages de courriels, dont une partie à caractère «déplacé», a rapporté un autre haut responsable du Pentagone à des journalistes.

«Le volume de documents échangés» peut en lui-même être considéré comme «déplacé» et constituer une violation du code militaire en raison d'une «conduite inconvenante pour un officier», a expliqué à l'AFP un officier de haut rang.

Le général Allen a pour sa part nié toute affaire extraconjugale.

Un autre responsable américain proche du général Allen a soutenu qu'«il n'a jamais été seul avec elle. A-t-il eu une liaison? Non», a-t-il assuré sous le couvert de l'anonymat au Washington Post.

«Mon cœur...»

La correspondance entre le général, qui est marié, et la Jill Kelley est «loin» d'atteindre le volume décrit, ils n'ont échangé que «quelques centaines de courriers électroniques au fil des années».

Jill Kelley a envoyé à John Allen au moins un des courriels anonymes de menaces de Paula Broadwell. Dans certains autres courriers électroniques adressés à Mme Kelley, il utilise l'expression «mon cœur», a ajouté ce proche du général Allen, tout en précisant qu'il n'y avait là aucun caractère sexuel, mais un simple signe d'amitié.

Après Paula Broadwell, les Américains se demandaient mardi qui était cette Jill Kelley, une femme brune présentant une vague ressemblance avec la célébrité de téléréalité Kim Kardashian.

En vidéo

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.