Retour au calme en Égypte

Des violences font 278 morts dont 235 civils

Première publication 14 août 2013 à 05h51
Mise à jour : 14 août 2013 à 16h05
TVA Nouvelles avec AFP

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De violents affrontements ont éclaté ce matin dans plusieurs villes d'Égypte alors que le gouvernement intérimaire a mis ses menaces à exécution en dispersant deux rassemblements de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, au Caire. Au total, le bain de sang a fait 278 morts partout au pays, dont 235 civils, selon les autorités.

Peu après 22h (20h GMT), le calme était de retour au pays, mais le lourd bilan des victimes laissait présager une nouvelle flambée de violences dès jeudi matin, rapportait l'AFP.

Lors d'un discours télévisé peu avant 21h (19h GMT), le premier ministre Hazem Beblawiv a félicité les forces de l'ordre d'avoir agi «avec la plus grande retenue» lors des opérations de dispersions.

Quelques minutes plus tard, le porte-parole du ministère de la Santé, Mohammed Fathallah a confirmé à la presse que les violences avaient fait 235 morts parmi les manifestants et que 43 policiers avaient perdu la vie.

(Photo Agence France-Presse)

État d'urgence décrété

L'état d'urgence, décrété par le gouvernement ajourd'hui, est entré en vigueur à 16h et le restera pour un mois. Un couvre-feu a été imposé dans plusieurs villes du pays dont la capitale, le Caire, où il est désormais interdit de sortir entre 19h et 6h, sous peine d'être arrêté, ont spécifié les autorités.

Quant à l'organisation que supportaient les manifestants chassés ce matin et dont l'ex-président Morsi est issu, les Frères musulmans, elle a contesté à plusieurs reprises les chiffres annoncés par les autorités, estimant que les morts s'élèveraient plutôt à 2200 et les blessés, à près de 10 000.

Le trafic ferroviaire en direction et depuis le Caire a été interrompu en journée afin d'éviter la création de nouveaux rassemblements.

Plusieurs journalistes ont subi les assauts de la police et des manifestants. Un caméraman de la chaîne britannique Sky News a été tué par balle et une photojournaliste de l'agence de presse Reuters a été blessée à la jambe par un projectile des forces de l'ordre.

el-Baradei claque la porte

Le vice-président et récipiendaire du prix Nobel de la paix, Mohamed el-Baradei, a démissioné en fin de journée, se disant en désaccord avec les actions du gouvernement.

«Il m'est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d'accord», a-t-il écrit dans une lettre destinée au président par intérim, Adly Mansour.

Mohamed el-Baradei dit trouver ces morts injustifiées, «notamment parce que je crois qu'elles auraient pu être évitées. Malheureusement, ceux qui vont tirer profit de ce qui s'est passé aujourd'hui sont ceux qui appellent à la violence et à la terreur, les groupes extrémistes.»

Véritable massacre

Moins de deux heures après l'assaut de la police et de l'armée, le ministère de l'Intérieur a annoncé que la place Nahda, la plus petite des deux, était totalement «sous contrôle de la police».

«Les combats sont engagés maintenant avec l'armée un peu partout [...] la ville du Caire est désertée et les habitants sont calfeutrés chez eux», a témoigné Olivier Hubert en entrevue à LCN Matin, barricadé dans son logement là-bas.


(Photo Reuters)

Selon un journaliste de l'AFP en Égypte, des centaines d'hommes se trouvaient sur les barricades de sacs de sable, barrant ainsi l'accès principal de la grande place Rabaa al-Adawiya, tandis qu'à l'arrière, près de la mosquée devenue Quartier Général des chefs des Frères musulmans et de l'Alliance contre le coup d'État, les grenades lacrymogènes pleuvaient sans relâche.

Des tirs d'armes automatiques ciblaient également les manifestants, visés par des snipers cachés dans les immeubles entourant la place Rabaa.

Le journaliste de l'AFP a pu compter 43 cadavres alignés sous une tente servant de morgue, où des médecins s'affairaient à soigner les nombreux blessés.

Population en danger

«Les chaînes de télévision privées donnent bien les consignes de ne pas s'installer près des fenêtres des appartements et de bien fermer les portes. On assiste à des scènes de guerre au Caire», a confirmé le journaliste français.

(Photo Reuters

Mohamed Morsi, le premier président égyptien élu démocratiquement, a été destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet, après de gigantesques manifestations réclamant son départ.

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