Attaque meurtrière en Égypte

25 policiers tués dans le Sinaï

Première publication 19 août 2013 à 05h36
Mise à jour : 19 août 2013 à 18h20
Par Julie Surprenant | TVA Nouvelles

Une attaque d'une rare violence, la plus meurtrière de celles visant les forces de l'ordre égyptiennes depuis des années a été commise lundi contre un convoi de policiers, dans le Sinaï, faisant au moins 25 morts.

Cet assaut est le plus récent des violences dans lesquelles l'Égypte est plongée depuis maintenant six jours et qui ont déjà fait plus de 800 morts, autant parmi les opposants au régime militaire qu'à ceux qui soutiennent l'armée.

Le Sinaï, la péninsule désertique située au nord-est de l'Égypte et faisant face à l'Arabie Saoudite, est aussi un bastion islamiste et des attaques de plus petites envergures y ont régulièrement cours.

Policiers tués dans l'attaque au Sinaï (Photo Reuters)

Mais les attaques contre les forces de l'ordre se sont multipliées depuis la destitution du président islamiste Mohammed Morsi, le 3 juillet.

Ce nouvel assaut a été particulièrement meurtrier alors qu'un groupe radical islamiste est soupçonné d'avoir attaqué deux minibus transportant des policiers. Au passage du convoi, les assaillants auraient surpris les policiers avec des tirs de roquette, selon l'AFP.

Veillée aux corps des policiers tués dans l'attaque (Photo Reuters)

Réaction forte du gouvernement

Cette attaque serait la conséquence de la fermeture du point de passage entre Rafah et la bande de Gaza, qui est jusqu'à maintenant contrôlée par le Hamas, de l'avis du ministère de l'Intérieur.

Déjà dimanche, avant même ce massacre des policiers, le chef de l'armée égyptienne, Abdel Fattah al-Sissi, avait déclaré à l'AFP que le pays n'allait pas céder devant la «violence» des groupe islamistes.

Armée égyptienne (Photo Reuters)

Le nouvel homme fort du pays assurait qu'une riposte «des plus énergiques» serait réservée aux islamistes ayant choisi le chemin de la violence.

Lourde perte chez les islamistes

Rappelons que dimanche, alors que près de 600 prisonniers affiliés aux Frères musulmans étaient transférés dans des camions vers une prison du Caire, un groupe à l'intérieur d'un véhicule s'est rebellé et les détenus ont tenté de prendre le policier en otage afin de s'évader.

Les forces de l'ordre ont réagi en lançant des gaz lacrymogènes à l'intérieur du fourgon, selon la version officielle. Dans cette réplique, 37 prisonniers sont morts par asphyxie.

Manifestants pro-Morsi (Photo Reuters)

Toutefois, selon l'Alliance contre le coup d'État, un groupe pro-Morsi, a dénoncé le massacre et soutient que 52 personnes auraient été assassinées, plutôt que les 37 mentionnées.

Dimanche, la journée s'avérait pourtant paisible au Caire, après que l'Alliance contre le coup d'État a annoncé qu'ils annulaient les neuf marches prévues pour des raisons de sécurité.

La coalition pro-Morsi a aujourd'hui annoncé de nouvelles manifestations dans la capitale, après les prières de l'après-midi.

Partisans de Morsi (Photo AFP)

En fin de journée, les islamistes devaient accuser un autre coup dur. L'ex-président Morsi s'est vu accusé de «complicité de meurtre et de torture» à l'endroit de manifestants, comme nous l'apprenait des médias locaux.

Moubarak pourrait retrouver la liberté

Par ailleurs, on annonçait aujourd'hui que l'ancien dictateur Hosni Moubarak se rapprochait de la liberté, selon des sources judiciaires.

Le président Moubarak avait été renversé à la suite des révoltes du Printemps arabe à l'hiver 2011 et avait été inculpé pour quatre chefs d'accusation.

Hosni Moubarak lors de son procès (capture d'écran, courtoisie APTN)

Un premier jugement l'avait condamné en juin 2012 à la réclusion à perpétuité, mais un nouveau procès avait été réclamé par la Cour de cassation pour vice de forme.

Depuis son nouveau procès, la population égyptienne voit les chefs d'accusation tomber les uns après les autres et l'ancien chef d'État pourrait bien recouvrer sa liberté, selon son avocat.

Depuis avril 2013, Moubarak a été libéré sous condition de deux des chefs qui pesaient contre lui, soit corruption et meurtres de manifestants.

Le seul motif justifiant sa libération conditionnelle dans les cas précédents était la durée maximale de détention préventive qui avait été dépassée.

Moubarak ne reste maintenant plus détenu qu'en raison d'un seul chef d'accusation dont son avocat espère aussi le libérer.

Réactions dans le monde

L'association Human Rights Watch a demandé à l'armée égyptienne de cesser l'utilisation de balles réelles contre la population qui cherche à manifester pacifiquement, rapporte l'AFP.

À la fois les États-Unis et les pays de l'Union européenne ont annoncé que leurs relations avec l'Égypte pourraient être «réexaminées» et que l'aide américaine apportée pourrait diminuer, si les violences ne cessaient pas, malgré que la capacité d'influence soit «limitée».

(Photo AFP)

En même temps, Amnistie Internationale accuse les pays occidentaux de fermer les yeux devant ce «carnage total» et reproche la «faiblesse» des réactions internationales.

Le Caire est sous état d'urgence et un couvre-feu nocturne pèse toujours sur la capitale, mais dans la nuit de mardi, la circulation reprenait et certains magasins étaient ouverts.

L'armée dirige toujours certaines parties de la ville et elle a annoncé, comme le rapporte l'AFP, que les mosquées resteront fermées en dehors des heures quotidiennes de prière afin d'éviter des regroupements de partisans de Morsi et des Frères musulmans.

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