Éducation

Gymnastique pédagogique

Première publication 5 février 2010 à 13h54
Gymnastique pédagogique
Crédit photo : Archives QMI

La décision du ministère de l’Éducation de modifier le régime pédagogique pour permettre l’organisation d’activités scolaires durant la fin de semaine ne fait pas l’unanimité.

Le ministère de l'Éducation a déposé, mercredi, un projet de règlement visant à calculer l'année scolaire en nombre d'heures, plutôt qu'en nombre de jours. La modification, qui entrerait en vigueur en septembre, permettrait aux directions d’écoles plus de souplesse dans l’aménagement du calendrier. La nouvelle méthode de calcul ouvrirait la porte à la tenue d’activités scolaires les samedis et les dimanches.

À l’heure actuelle, la convention collective des enseignants ne permet pas cette flexibilité, la semaine d’enseignement s’étendant du lundi au vendredi. Une situation qui risque de changer à l’approche des négociations entre Québec.

Au lieu de se rendre à l'école 180 jours par année, les élèves du primaire et du secondaire recevraient de 900 à 1000 heures d'enseignement, réparties sur 180 à 200 jours. Les journées pédagogiques seraient abolies.

Ces nouvelles dispositions pourraient s'appliquer au privé et au public. Des négociations avec les syndiqués devront avoir lieu avant leur entrée en vigueur.

Imposition

La décision du ministère de l’Éducation a créé une certaine surprise dans le milieu.

La présidente de Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE), Chantal Longpré, déplore que les intervenants n’aient pas été consultés.

Mme Longpré a affirmé que sa fédération n’était pas contre l’idée d’ouvrir les écoles durant les week-ends, mais que cela allait entraîner des problèmes de logistique, notamment en matière de transport scolaire.

Par ailleurs, les parents siégeant sur les conseils d’établissement auront tout le loisir de se prononcer sur l’utilisation des heures d’enseignement prescrite par Québec, assure la présidente de la FQDE. Les parents pourront ainsi s’opposer à ce que des activités pédagogiques soient organisées le samedi ou le dimanche. «Si ce n’est pas l’unanimité, ce sera très proche», estime Mme Longpré, faisant référence à la levée de boucliers qu’a suscitée l’annonce du projet.

Caroline Sasseville, secrétaire générale de la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ), croit pour sa part que le projet démarre bien mal.

«J’aimerais souligner l’inélégance de l’apprendre par une parution dans la Gazette officielle», a-t-elle laissé tomber.

Pour changer le régime pédagogique, il faut une consultation dépassant le cadre scolaire, pour rejoindre notamment les parents, croit Mme Sasseville.

D’un point de vue logistique, la réforme annoncée par Québec pose problème. A-t-on pensé au chauffage des écoles, au transport scolaire, à la cafétéria et autres services? Illustre la secrétaire générale de la FNEEQ.

Déconnecté

Compter l’école en heures et l’ouvrir la fin de semaine témoignent d’un décalage par rapport aux besoins des enfants, soulignent plusieurs observateurs.

«Qui conseille le ministère de l’Éducation?, se questionne la spécialiste en éducation Claudine Potvin. Certainement pas des personnes sur le terrain, certainement pas des parents (...).»

Mme Potvin se questionne sur les impacts que pourrait avoir une refonte du calendrier sur les adolescents. Il y a fort à parier qu’ils se montreront réticents à aller à l’école un samedi, prévient-elle.

Au Québec, plus de 900 000 élèves fréquentaient l’une 2360 écoles de la province en 2008.

(TVA Nouvelles)

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