
![]() |
Les propos du chef de l’ADQ, Gérard Deltell, sur les «emplois inutiles» maintenus dans la fonction publique ont fait bondir la présidente du Syndicat de la Fonction publique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau.
En entrevue à l’émission Mongrain, Mme Martineau a affirmé que M. Deltell errait en associant la sécurité d’emploi à la protection de postes détenus par des incompétents.
«Ce que M. Deltell dit, c’est complètement aberrant», a laissé tomber celle qui représente 40 000 membres s’apprêtant à négocier un nouveau contrat de travail avec le gouvernement. Le chef de l’ADQ «devrait faire un cours d’histoire», croit la présidente du SFPQ, pour comprendre que la sécurité d’emploi a été instaurée comme un rempart contre la corruption et les nominations partisanes.
La sortie de l’ancien journaliste devenu politicien s’ajoute à une série d’autres allégations alimentant inutilement les préjugés contre les salariés de l’État, fait valoir Mme Martineau.
Les gestionnaires dans le public ont tous les outils pour sanctionner les employés incompétents, a rappelé la présidente du SFPQ, traçant un parallèle avec ce qui se fait dans le secteur privé. Du reste, dit Mme Martineau, des fonctionnaires sont congédiés chaque année au Québec.
Mieux informer la population
Le raisonnement du chef adéquiste repose sur de fausses prémisses, soulève Lucie Martineau. Étant donné que 37% de ses membres possèdent un statut de travailleur occasionnel, comment conclure que l’État maintient des emplois inutiles, se questionne-t-elle.
Mme Martineau concède qu’il appartient aux syndicats de mieux faire connaître les conditions de travail des salariés de l’État. Il existe des centaines de catégories d’emplois dans la fonction publique, illustre M. Martineau. Selon elle, il faut se garder de mettre tous les fonctionnaires dans le même panier.
La situation précaire dans les finances publiques à la suite de la crise économique en incite plusieurs à remettre en cause le nombre de fonctionnaires au Québec.
«On n’est pas insensibles à (la situation des finances publiques», s’est défendu la présidente du SFPQ. Son organisation a préparé un document lors des consultations pré budgétaires dans lequel sont exposées des pistes de solution pour mieux utiliser les ressources et augmenter les revenus de l’État.
Mais Mme Martineau ne pense pas que les citoyens sont prêts à ce que le gouvernement coupe dans les services publics, conséquence directe, croit-elle, d’une réduction du nombre de fonctionnaires.
«On travaille pour des personnes ou du bien commun» dit celle qui souhaite redonner un sentiment de fierté aux fonctionnaires. La société québécoise s’est dotée d’institutions pour contribuer à l’épanouissement de tous, et c’est ce qui est le plus important, conclut-elle.
Courage politique
Quelques heures avant la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale, le chef de l’ADQ a tenu à préciser sa pensée.
Gérard Deltell a répété en entrevue avec Jean-Luc Mongrain que sa formation politique ne «s’attaquait pas au principe même de sécurité d’emploi», ajoutant qu’il était «logique» de la maintenir afin d’éviter des «coups de balai» quand un nouveau parti politique s’installe au pouvoir.
Le chef adéquiste observe cependant que la sécurité d’emploi dont jouissent les fonctionnaires a donné lieu à des effets pervers. «D’aucuns peuvent se servir de la sécurité d’emploi comme bouclier devant l’incompétence de certains», dit-il. Il est temps de questionner la pratique et de confronter les idées reçues, fait valoir le député de Chauveau.
M. Deltell constate que les «bons fonctionnaires » se trouvent souvent ralentis par des salariés manquant d’efficacité. Ce «nivellement par le bas» ne profite pas, au bout du compte, aux contribuables, puisque la prestation des services publics s’en trouve affectée.
L’ADQ veut une fonction publique plus efficace et plus axée sur les services publics, illustre Gérard Deltell, sans élaborer sur les moyens d’y parvenir. «Que l’on arrête de s’«enkiloser» avec des acquis qui sont, finalement, des freins au développement, à la compétitivité, à la performance et à la productivité», plaide le chef du troisième parti politique à l’Assemblée nationale.
Au premier jour du retour au travail des législateurs, le député de Chauveau espère que le gouvernement aura le courage politique de faire les choix difficiles qui s’imposent. Il promet que son parti sera là pour l’accompagner dans cette voie. «Depuis 2003, (les libéraux) nous ont pas mal déçus. Ils ont tenu un gros rassemblement à Lévis qui n’a rien donné», a-t-il laissé tomber, en soulignant que «ça commençait mal».
(TVA Nouvelles)
![]() |
Intimidation Charest dévoile son plan dimanche |
![]() |
Droits de l'homme en Chine Faible performance de Harper |
![]() |
Sentiers de motoneige Accès gratuit cette fin de semaine |
![]() |
Attawapiskat Livraison de deux maisons modulaires |
![]() |
Émission Larocque Lapierre La CAQ bientôt fixée sur son budget |
![]() |
Diplomatie du panda Toronto accueillera deux pandas l'an prochain |