Intimidation sur les chantiers de construction

«Ferme-toi la trappe sinon t’as plus de job! »

Première publication 10 mars 2010 à 04h00
Mise à jour : 10 mars 2010 à 00h07
«Ferme-toi la trappe sinon t’as plus de job! »
Crédit photo : Photo QMI
L'intimidation sur les chantiers de construction ne date pas d'hier. Un travailleur de Port-Cartier, qui souhaite garder l'anonymat, était en pleurs lorsque nous l'avons joint au téléphone. Il a travaillé un certain temps sur le chantier de la Consolidated Thompson, au lac Bloom sur la Côte-Nord.

«Je suis un père de famille et je n'ai plus de travail. J'ai été intimidé par un contremaître pour me rendre compte plus tard que mon syndicat, la FTQ, était de connivence avec la compagnie. Il faut que tu te fermes la trappe et que tu entres dans le rang, sinon tu n'as plus de job!», nous a-t-il confié.

À la suite du reportage de notre collègue de TVA Sept-Îles, Alexandre Cantin, concernant les plaintes d'intimidation qui ont été déposées contre des représentants syndicaux de la FTQ-Construction, nous avons reçu plusieurs témoignages, à Mon Topo, de la part de travailleurs affiliés à ce syndicat qui nous ont décrit ce qu'ils qualifient de climat de terreur.

Un résidant de Trois-Rivières, qui préfère lui aussi garder l'anonymat, a été longtemps un membre de la FTQ-Construction. «J'ai déjà eu des menaces de mort de la part d'un représentant de la FTQ parce que je voulais quitter mon local. J'ai malgré tout changé de syndicat, je ne veux plus rien savoir de la FTQ», nous a-t-il raconté.

Une loi contre l'intimidation

Le 8 décembre 2005, l’Assemblée nationale a adopté à l'unanimité le projet de loi 135, qui modifie la Loi R-20 en lui donnant plus de mordant. Québec venait clairement manifester son intention de décourager toute forme d'intimidation sur les chantiers de construction.

«Les sanctions sont très sévères à l'endroit des personnes qui pratiquent ce genre d'intimidation. On parle de la perte du droit de pratique pouvant aller jusqu'à cinq ans à la suite d'une plainte déposée. Le problème c'est qu'il y a très peu de travailleurs qui portent plainte par crainte de représailles», nous explique Alain Lévesque, un vitrier affilié à la CSD-Construction, un des cinq syndicats pour les travailleurs de la construction.

(TVA Nouvelles)

 
 
 
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