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Le récent coup de sonde démontrant un cynisme généralisé des Québécois à l’endroit des grandes centrales syndicales ne devrait pas occulter le fait que la collusion patronale coûte des millions de dollars à l'État, a affirmé aujourd’hui l’ex-ministre du Parti québécois Guy Chevrette en entrevue à l’émission Mongrain.
Appelé à réagir au sondage Ipsos Descarie - Agence QMI révélant qu’une majorité de Québécois croient que les syndicats ont trop de pouvoir et qu'ils devraient être mis sous tutelle, l’ex-commissaire à la commission Cliche a lui aussi réclamé du gouvernement l’institution de «toute urgence» d’une enquête publique.
Guy Chevrette estime toutefois que Québec devra s’assurer que la question de la collusion patronale soit l’objet d’une attention particulière, car elle fait partie intégrante de la crise secouant l’industrie de la construction.
Enquêter sur la collusion patronale, «c’est indispensable, a-t-il répété, car c’est l’argent du public», ajoutant que jusqu’à 35% des deniers publics dépensés pouvaient servir à «engraisser» des entrepreneurs en construction.
Se montrant plus nuancé que l’ex-ministre libéral du Travail Jean Cournoyer , selon qui rien n’a changé depuis la Commission d'enquête sur les pratiques syndicales au Québec tenue en 1974, M. Chevrette constate que seule une poignée d’individus sont éclaboussés par les allégations d’intimidation , de taxage et de discrimination.
L’ex-député de Joliette reconnaît qu’un «petit noyau de fiers-à-bras » prétendant à l’hégémonie syndicale sur les chantiers de construction s’est reformé au cours des dix dernières années et que cette situation était inacceptable.
Cependant, fait-il valoir, l’attention portée sur une centrale ne règle pas le problème. «On met tout sur (le dos) de la FTQ». Pendant ce temps «(les patrons) sont en train de s’en sortir allègrement», a-t-il illustré.
Une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur le droit au travail et sur la collusion patronale est plus nécessaire que jamais, estime Guy Chevrette, enjoignant le gouvernement de Jean Charest à passer à l’action dans ce dossier.
«Si on s’en tient qu’à l’opération Marteau , des gens vont plaider coupable pour étouffer le tout, mais les hommes de bras vont rester en place», a conclu M. Chevrette.
(TVA Nouvelles)
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