Nationalisme québécois

«Une aberration géopolitique» selon Jean-Daniel Lafond

Première publication 2 juillet 2010 à 19h02
«Une aberration géopolitique» selon Jean-Daniel Lafond
Crédit photo : Agence QMI

Alors qu’il s’apprête à quitter Rideau Hall, Jean-Daniel Lafond, mari de la gouverneure générale, affirme ne s’être jamais senti à l’aise avec le nationalisme québécois.

Celui qu’on a déjà accusé d’avoir adhéré à l’idéologie souverainiste lors de la nomination de Michaëlle Jean, il y a cinq ans, a livré le fond de sa pensée dans une entrevue publiée dans le magazine français L’Express et datée du 23 juin.

Dans le reportage intitulé Jean-Daniel Lafond: un désir d’Amérique, ce dernier nie avoir «flirté» avec le nationalisme québécois lorsqu’il a quitté la France pour s’établir au Québec dans les années 1970, après la crise d’Octobre. « Je n’ai pas été fasciné par le nationalisme, mais j’ai compris que je ne pouvais pas ne pas vivre avec lui. C’est autre chose. Mais je ne me suis jamais senti à l’aise avec ce nationalisme», dit-il.

M. Lafond poursuit avec d’autres déclarations inattendues, qualifiant le séparatisme d’une «aberration géopolitique» et plaidant davantage en faveur du fait français.

«Dès mon arrivée, j’ai cru profondément que le vrai combat était non pas celui du séparatisme - une aberration géopolitique - mais celui mené pour la culture, pour que ce pays ou ce bout de pays, cette province, cette réalité culturelle soit respectés», déclare-t-il.

M. Lafond ajoute que l’expression «français hors Québec» est pour lui «extrêmement méprisante», ajoutant plaider davantage pour un Canada qui lui appartient comme francophone dans son ensemble. « Québec, Canada français, ces mots m’agacent un peu, car la force du mot Canada est plus grande que celle du mot Québec», dit-il.

Créolisation du français

M. Lafond se désole aussi de constater combien, au fil des années, l’enseignement de la langue française au Québec s’est affaibli. En précisant que ce n’est pas le gouvernement fédéral «qui organise cette dégradation», il semble insinuer que c’est plutôt le gouvernement québécois, l’éducation étant une compétence provinciale.

«Le pourcentage d’individus qui ne peuvent pas lire correctement un journal en français au Québec est énorme. C’est incroyable dans une société occidentale», dit-il au magazine français. M. Lafond poursuit en disant que le véritable combat à mener au Québec est celui de «mettre fin à la créolisation du français», notamment dans les rues.

La classe politique est demeurée muette tant à Ottawa qu’à Québec sur les propos de M. Lafond. «Ses propos nous indiffèrent, a répondu l’attachée de presse de l’aile parlementaire du Parti québécois, Sophie Villeneuve. On a rien à dire. Alors, on ne commentera pas», a-t-elle précisé.

Au Bloc québécois aussi, on a refusé de commenter l’article, tout comme le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, qui a dit ne pas vouloir créer de «controverse» avec la gouverneure générale et son mari.

(Agence QMI)

 
 
 
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