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Sans être un ami, M. Charest a bien connu M. Johnston, qu'il a côtoyé alors que tous deux étaient coprésidents du comité du Non lors du référendum de 1995. «C'est une personne pour qui j'ai beaucoup d'estime, et je pense que c'est un très bon choix comme gouverneur général pour le Canada», a commenté, lundi, le premier ministre du Québec.
À savoir si le fait qu'il ait coprésidé le comité du non pourrait jeter de l'huile sur le feu en ce qui concerne le climat politique, M. Charest réplique que M. Johnston «a bien le droit d'exister, qu'il a le droit d'avoir des opinions». «On vit encore dans une société qui est libre, qui permet aux gens de s'exprimer, ce qui est tout à fait normal, et j'irais même plus loin que ça, on souhaite que chaque citoyen puisse s'investir et exprimer ses opinions.»
Un «fédéraliste extrémiste»
u côté des souverainistes, la nomination de David Johnston à titre de prochain gouverneur général du Canada est difficile à avaler.
Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu (photo de gauche), estime qu’il s’agit d’une «nomination partisane» de la part du premier ministre Stephen Harper.
M. Beaulieu critique aussi l’ouvrage que M. Johnston a cosigné en 1995, If Quebec goes, the real cost of separation, dans lequel il s’interroge sur les coûts socio-économiques de la séparation du Québec.
«C’est un fédéraliste extrémiste, soutient M. Beaulieu. Son livre parlait de la souveraineté comme d’une catastrophe en y présentant des scénarios hypothétiques et partisans.»
Le porte-parole de l’Association des descendants des patriotes, Gilles Rhéaume, qualifie pour sa part le livre en question de «véritable sottisier». «C’est un livre de propagande écrit à l’intérieur d’une campagne référendaire», affirme-t-il.
Le président du Conseil de la souveraineté du Québec, Gérald Larose, voit le futur gouverneur général comme un «adversaire» de l’indépendance au Québec. «Les fédéralistes prennent des fédéralistes on ne peut se surprendre de ça», affirme-t-il.
Le nouveau gouverneur général n’a pas tardé à semer la controverse auprès des souverainistes en tenant un discours, jeudi, dans lequel il fait l’éloge de Samuel de Champlain, le présentant comme le «premier gouverneur du Canada». «De la part d’un universitaire, c’est indécent, s’est insurgé M. Larose. C’est de la bouillie pour les chats», faisant valoir que le Canada est né en 1867, alors que Champlain a fondé Québec en 1608.
Le Bloc québécois et le Parti québécois ont pour leur part refusé de commenter la nomination, puisque le poste de gouverneur général est désuet selon ces deux formations politiques.
(Agence QMI)
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