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La pétrolière Shell est entendue aujourd’hui devant le comité permanent de l’industrie. Pressée de questions par les députés, l’entreprise a avoué qu’elle est encore prête à vendre sa raffinerie mais que le temps presse. La pétrolière a aussi réitéré que les offres qu’elle a reçues n’étaient pas suffisantes.
«Ils connaissent (Delek) notre numéro et ils connaissent les montants qui sont nécessaires pour acheter la raffinerie», a avoué Richard Oblath, vice-président des activités de fusion de Shell.
Mais selon les dires de Shell, jusqu’à présent, les offres sur la table n’ont pas été satisfaisantes. La pétrolière a avoué qu’elle s’attendait à obtenir entre 150 et 200 millions $ pour sa raffinerie, mais que rien ne s’en était approché.
M. Oblath a d’ailleurs indiqué que les chiffres véhiculés par les médias d’une offre globale de 420 millions $ n’étaient pas exacts. «Je ne sais pas où on a trouvé ces chiffres», s’est demandé le dirigeant.
En général, Shell a passé un mauvais quart d’heure devant le comité. Les députés néo-démocrate Yvon Godin et libéral Denis Coderre jouant le rôle des francs-tireurs. Ce dernier a d’ailleurs été le plus incisif, tranchant avec l’attitude plus posée des députés conservateurs.
«J’ai l’impression qu’on se fait emplir aujourd’hui. Je ne sais pas comment la traduction va sortir», s’est-il emporté lors de son tour de question.
Puis juste avant la pause, il s’est fait encore plus tranchant s’interrogeant tout haut si les députés n’étaient pas en train «de se faire fourrer». «Montréal ne mérite pas d’être un parking à gaz», a-t-il clamé faisant référence à la décision de Shell de transformer sa raffinerie en terminal.
M. Coderre s’est également posé des questions sur la sécurité énergétique du Québec et de l’Est canadien avec la disparition d’une raffinerie. La question du redéploiement des employés a également été soulevée par les députés.
Shell a justifié à nouveau sa décision en affirmant que la raffinerie de Montréal-Est est la moins productive au Canada depuis 10 ans.
Cette affirmation a fait bondir le président du syndicat des employés, Jean-Claude Rocheleau, qui a pointé la pétrolière qui n'a pas investi de manière adéquate lors des dernières années.
«Ils ont utilisé notre, nos profits pour bâtir ailleurs dans les sables bitumineux, leurs projets dans l'Ouest canadien», a-t-il expliqué.
Delek ne veut pas d'une raffinerie fermée
Le raffineur Delek US qui a déposé deux offres pour les installations de Shell s'est également expliqué en comité. Selon les dires d'un des dirigeants, l'entreprise a offert 150 millions $ pour la raffinerie. Elle dit aussi qu'elle pourrait investir dans les installations dans les prochaines années.
L'entreprise aurait pu vouloir mettre la main sur les stations-services, mais elle voulait tout d'abord régler ce premier dossier.
Delek s'est également montrée ouverte à reprendre les discussions avec Shell. Mais la division américaine de Delek - une compagnie israélienne - affirme que le plan de fermeture de la raffinerie est trop rapide.
«Nous ne voulons faire une offre compétitive pour une raffinerie qui sera fermée. La dernière chose que nous voulons c'est une raffinerie fermée en plein hiver sans employés, ni clients», a souligné Jim Boles de Delek.
Le négociateur Michael Fortier, également questionné, a confirmé le montant que souhaitait obtenir Shell qui devait se situer dans une fourchette de 150 à 200 millions de dollars.
(Argent)
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