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Cette annonce n'a toutefois pas satisfait les personnes qui s’opposent à l’exploitation de cette forme d’énergie et qui réclament un moratoire jusqu’à ce que les impacts possibles sur l’environnement et la santé soient connus.
C’est le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) qui aura le mandat d’entendre les citoyens, les municipalités et les organisations dès cet automne.
Les consultations auront lieu dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de la Montérégie, et le rapport final sera déposé le 4 février 2011.
À terme, le gouvernement Charest doit se servir des conclusions du BAPE pour élaborer la future Loi sur les hydrocarbures, laquelle réglementera l’industrie québécoise du gaz naturel.
Dimanche, lors d’une conférence de presse à Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal, la vice-première ministre Nathalie Normandeau a été très claire à propos des ambitions de sa formation politique.
«Nous avons une formidable opportunité, celle d’exploiter du gaz naturel 100 % québécois. (…) Notre gouvernement fait le choix de créer des emplois ici», a-t-elle déclaré.
Actuellement, les Québécois importent chaque année pour 2 milliards $ de gaz naturel provenant principalement de l’Ouest canadien.
Feu vert à l’exploration
En réponse à la cinquantaine de bruyants manifestants qui s’étaient déplacés pour dénoncer les risques environnementaux de l’exploitation gazière, la ministre a choisi de souligner l’attrait économique du gaz naturel.
«Deux cents millions de dollars ont été investis pour l’exploration depuis 2007. On entrevoit qu’un milliard de dollars par année pourraient être investis au Québec pour l’exploitation», a exposé Nathalie Normandeau.
Pas question d’un moratoire sur l’exploration gazière jusqu’à ce que les conclusions du BAPE soient connues, a pour sa part ajouté le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand. Québec interdira par contre l’exploitation commerciale du gaz jusqu’en 2014, le temps qu’un cadre réglementaire soit appliqué.
Un site internet gouvernemental présentant «des outils d’information pour démystifier ce qu’est le gaz de schiste» sera aussi mis en ligne dans les prochaines semaines.
Des réserves
Pierre Batellier, porte-parole du Regroupement citoyen «Mobilisation Gaz de Schiste», a demandé dimanche un moratoire immédiat et ne croit pas que les consultations publiques auront un effet significatif sur l’exploitation du gaz.
«Il n’y a pas de définition claire qui explique où commence et où finit l’exploitation», a-t-il déploré, en ajoutant que «les Québécois sont placés devant un fait accompli».
Des propos qui trouvent écho chez Scott McKay, porte-parole du Parti québécois sur la question des mines.
En entrevue, il a accusé la ministre Normandeau de véhiculer des «demi-vérités» à propos de l’interdiction temporaire d’exploiter le gaz de schiste, et de la permission de faire de l’exploration.
«À part la construction d’un pipeline de transport, il n’y a pas de différence entre l’exploration et l’exploitation du gaz. Les puits sont déjà creusés», a-t-il rappelé.
Pour sa part, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a accueilli «positivement» la tenue d’audiences du BAPE.
«Doit-on s'inquiéter de la qualité des récoltes à proximité des projets? Les règles environnementales sont-elles respectées?», s’est cependant questionné le président de l’UPA, Christian Lacasse.
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui avaient exprimé des inquiétudes à propos de l’exploitation gazière, ont pour leur part estimé que les villes «ont été entendues» à la suite de la décision de tenir des consultations publiques.
Le projet de loi sur l’exploitation des hydrocarbures doit être déposé à l’Assemblée nationale au printemps 2011.
L’industrie fera le point lundi
L’Association pétrolière et gazière du Québec, qui représente les intérêts de l’industrie, présentera lundi ses plans pour l’exploitation du gaz de schiste, lors d’une conférence de presse à Bécancour, en Mauricie.
Son président André Caillé, ancien PDG d’Hydro-Québec, tentera d’apaiser les craintes dans l’opinion publique concernant la santé et la protection de l’environnement.
Nathalie Normandeau ne voit pas de problème à ce qu’un tel événement ait lieu en parallèle avec la consultation publique lancée dimanche.
«Ce n’est pas le gouvernement qui contrôle l’Association (pétrolière et gazière du Québec). Ils ont la responsabilité de dire ce qu’ils font et comment ils le font», a-t-elle plaidé.
La semaine dernière, André Caillé a affirmé que les entreprises qui veulent extraire les hydrocarbures sont contraintes de respecter «un encadrement serré» de la part du gouvernement du Québec.
Selon lui, l’exploitation du gaz de schiste dans la province pourrait générer «7500 emplois de qualité par année au cours des 15 prochaines années».
Le nouveau ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, a d’ailleurs reconnu dimanche qu’il n’avait jamais rencontré André Caillé, et qu’il ne s’est même jamais entretenu avec lui.
Qu'est-ce que le gaz de schiste?
- Le gaz de schiste, difficile à exploiter, est emprisonné dans de la roche sédimentaire appelée schiste.
- Comme les autres formes de gaz naturel, il est utilisé entre autres pour le chauffage et les appareils de cuisson.
- Au Québec, on en retrouve principalement sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de la Montérégie.
- Des citoyens et des groupes environnementaux s’inquiètent d’une contamination des sols et de la nappe phréatique par l’eau utilisée pour le forage des puits.
- Ils déplorent aussi des risques de fuites de sulfure d’hydrogène, un gaz nocif pour la santé humaine.
(Agence QMI)
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