Hécatombe sur les routes

La vitesse: un problème de courtoisie?

Première publication 6 septembre 2010 à 12h45
La vitesse: un problème de courtoisie?
Crédit photo : TVA Nouvelles

Le bilan des accidents mortels sur les routes du Québec s’est alourdi au cours des deux premiers jours du long congé de la Fête du travail: au moins cinq personnes ont péri dans diverses collisions dont la principale coupable demeure la vitesse.

Malgré les multiples campagnes de sensibilisation de la Société de l’assurance automobile du Québec ainsi que les opérations policières, la vitesse continue de provoquer une véritable hécatombe sur le territoire québécois. «C’est la principale cause d’accidents où on retrouve des blessés graves et des décès sur nos routes», affirme Richard Gagné, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Selon les données fournies par le porte-parole, en 2009, quatre personnes ont perdu la vie dans autant d’accidents survenus sur le territoire de la Sûreté du Québec lors du congé de la Fête du travail. Ce nombre s’est établi à six l’année précédente alors que l’année 2007 a atteint un sommet avec dix victimes.

Les autorités policières renforcent donc leur présence sur les routes au cours de la dernière journée de ce long congé avec de nombreuses opérations radar qui visent à inciter les automobilistes à respecter les limites de vitesse permise. «On cible les opérations dépendamment des endroits et des heures appropriées où on retrouve le plus d’accidents», explique M. Gagné.

Une question de comportement

Selon Marc Bouchard, rédacteur en chef chez Autonet, les campagnes de sensibilisation qui font surtout appel à la courtoisie des différents usagers de la voie publique - automobilistes, piétons, cyclistes et patineurs - portent fruit.

«Historiquement, on a prouvé que les campagnes de sensibilisation fonctionnaient, c’est-à-dire, qu’elles incitaient les gens à réfléchir sur leur comportement», explique le journaliste, ajoutant que la question de courtoisie «est extrêmement efficace lorsque vient le temps de laisser passer les piétons et les cyclistes en ville».

Toutefois, M. Bouchard associe la vitesse excessive des automobilistes à un problème de courtoisie qui a pour conséquence de causer d’irréparables tragédies routières. «On n’associe souvent pas la vitesse excessive à la courtoisie donc (avec les campagnes de sensibilisation), on adresse seulement une partie du problème.»

En ce qui a trait aux aménagements urbains – par exemple les dos d’âne – visant à ralentir la circulation en ville, notamment dans les zones scolaires et les rues étroites, M. Bouchard doute qu’ils soient la solution pour dissuader les automobilistes de modifier leur comportement.

«Le problème, c’est que ça a un impact pendant un certain temps. Par la suite les gens s’habituent à l’aménagement et continuent, malheureusement, d’être délinquants», précise M. Bouchard.

Il appelle plutôt à la responsabilisation de chaque conducteur. «Il y a personne aujourd’hui qui peut plaider l’ignorance quant à la vitesse, quant aux comportements délinquants. (…) On le sait tous qu’une voiture, c’est une arme mortelle quand on ne sait pas comment s’en servir», conclut M. Bouchard.

(TVA Nouvelles)

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