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L’euthanasie, le suicide assisté, les soins de longue durée et la maladie seront des thèmes délicats abordés par la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.
Son président, le député libéral de Jacques-Cartier Geoffrey Kelley et sa vice-présidente, la députée péquiste de Joliette Véronique Hivon ont tenté lundi, lors d’une conférence de presse, d’apporter des éclaircissements quant à la pertinence et la façon de faire de cette commission qui se tiendra pendant une trentaine de jours au total, dans huit villes de la province.
« Avant tout, nous sommes en mode écoute. Ce sont des questions fort complexes qui exigent énormément de respect. Rien n’est décidé d’avance. Nous demandons à la population et aux professionnels de nous éclairer dans ce processus non partisan. Bien entendu, ce seront des moments de grandes émotions », a affirmé M. Kelly.
Durant une partie de l’automne et de l’hiver donc, les 15 membres de la Commission entendront les personnes et organismes qui ont présenté un mémoire ou une demande d’intervention pour se prononcer sur cet enjeu de société.
« Face au contexte, comme parlementaires, nous nous sommes dit que nous étions responsables de prendre les devants et baliser la réflexion. Les Québécois sont mûrs pour débattre de ces enjeux, qui proviennent d’abord de questions humaines. On veut prendre leur pouls tout en respectant les points de vue, quels qu’ils soient », a ajouté Mme Hivon.
Une motion
Le 4 décembre 2009, l’Assemblée a adopté à l’unanimité une motion en vue d’étudier la question de mourir dans la dignité. Deux mois plus tard, la Commission de la santé et des services sociaux entendait une trentaine d’experts issus de disciplines variées, dont la médecine, le droit, l’éthique, la sociologie et la psychologie.
Par la suite, un document de consultation a été produit pour informer et inciter les Québécois à participer à la consultation publique. Il a été déposé à l’Assemblée nationale le 25 mai dernier.
Depuis, 200 mémoires et une soixantaine de demandes d’interventions ont été envoyés aux responsables de la Commission. Par ailleurs, 3627 personnes ont répondu au questionnaire en ligne, un nombre extrêmement élevé selon le président.
Donnée assez étonnante, des 200 mémoires déposés seulement 9 d’entre eux, soit environ 4 %, proviennent de regroupements religieux.
Les motivations
Pour justifier la nécessité de tenir un tel débat durant le point de presse lundi, la députée de Joliette à spontanément remémoré aux médias l’histoire de Sue Rodriguez de la Colombie-Britannique, qui, atteinte de la maladie de Lou Gehrig, à l'issue fatale, s’était lancée dans une longue bataille juridique en novembre 1992. Celle-ci revendiquait le droit de mourir dans la dignité en obtenant l'aide d'un médecin au moment où elle voudrait mettre fin à ses jours.
Sa requête avait finalement été rejetée par la Cour suprême du Canada, à cinq juges contre quatre. Son histoire, fort médiatisée, avait ravivé les débats sur l'euthanasie et le suicide assisté. Le 12 février 1994, Sue Rodriguez s’était suicidée avec l'aide d'un médecin et en présence du député néo-démocrate Svend Robinson. Ayant perdu sa bataille juridique quatre mois plus tôt, elle mourrait ainsi dans l'illégalité.
Aujourd’hui, la loi est toujours très claire: l'euthanasie active n'est pas permise au Canada.
Pourtant, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) apprenait, en octobre 2009, que l’euthanasie est devenue pratique courante dans les hôpitaux. Son président, le Dr Gaétan Barrette, avait alors affirmé que « les médecins spécialistes sont au diapason avec la population qui, elle, est fin prête à en débattre ».
En fait, un sondage interne rendu public démontrait que les mentalités ont énormément changé puisque la majorité (84%) des médecins spécialistes est prête à débattre de la pertinence de l'euthanasie alors que les trois quarts sont carrément favorables à sa légalisation dans un cadre législatif balisé.
(Agence QMI)
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