Gaz de schiste

Québec confirme des redevances plus modestes

Première publication 12 octobre 2010 à 22h32
Québec confirme des redevances plus modestes
Crédit photo : Agence QMI
Le ministère des Finances du Québec a confirmé mardi que les redevances provinciales tirées de l’exploitation du gaz de schiste seront plus modestes que ce qu’avait annoncé la vice-première ministre Nathalie Normandeau, il y a quelques semaines.

Alors qu’en septembre, la ministre Normandeau laissait entrevoir des redevances annuelles de 230 millions $, la plus récente prévision provinciale fait état d’une redevance de 138,9 millions $ en 2016, basée sur le forage de 250 puits par année.

Cette évaluation a été présentée par Luc Monty, sous-ministre adjoint au ministère des Finances, devant la commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le gaz de schiste, mardi soir.

Selon le scénario du ministère, une trentaine de puits pourraient entrer en exploitation dès 2011, ce qui produirait une redevance de 7,9 millions $. Le nombre de nouveaux puits par année atteindrait 150 en 2014 et 200 en 2015, entraînant des redevances de 59,6 millions $ et 87,4 millions $, respectivement.

«Ça ne pourra pas aller beaucoup plus vite, parce qu’on s’attend à un redressement des prix (du gaz)», a expliqué le sous-ministre.

915 emplois directs et indirects seraient liés à l’exploitation dès 2011, un chiffre qui passerait à 7625 emplois totaux en 2016.

Ces prévisions sont légèrement plus optimistes que le scénario le plus conservateur présenté jeudi dernier par l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), qui prévoyait des redevances de 43 millions $ et 5500 emplois en 2015.

Contamination de l’eau

Mardi, devant la commission du BAPE, il a aussi été question des risques pour l’environnement, la sécurité et la santé des humains que pourrait poser l’exploitation à grande échelle du gaz de schiste.

Gaëtan Carrier, expert invité par le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec (MSSS), a raconté que des cas de contamination de la nappe phréatique lors de la fracturation du roc sont survenus à plusieurs reprises aux États-Unis.

«Il y a eu deux cas reconnus, à ma connaissance, en Pennsylvanie et en Ohio. Mais il y a eu aussi beaucoup de cas pour lesquels on soupçonne qu’il y a eu contamination, mais on en est pas certain», a-t-il expliqué.

«Il y a eu un cas, au Wyoming, où des gens trouvaient que l’eau potable goûtait le pétrole. À cause de ça, l’Agence fédérale de protection de l’environnement a recommandé de cesser de boire l’eau et de cesser de l’utiliser pour la cuisson des aliments», a-t-il poursuivi.

Le MSSS a également relevé des risques de contamination de l’air et des «risques technologiques» tels des explosions, des incendies, des fuites et des déversements.

De son côté, une représentante de l’APGQ et spécialiste en santé publique, après avoir consulté 29 études et documents produits aux États-Unis, a minimisé les risques pour la santé humaine.

«Ces études ont montré qu’il n’y a pas d’impact significatif sur la santé en lien avec l’exploitation du gaz de schiste», a-t-elle dit.

Mercredi, plusieurs maires de l’Union des municipalités du Québec rencontreront à huis clos le ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, et la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, à propos du gaz de schiste.

Ils ont notamment l’intention de questionner les ministres sur les risques de contamination de la nappe phréatique, le traitement de l’eau potable et la perte de revenus fonciers causée par la construction de puits à proximité des résidences.

(Agence QMI)

 
 
 
 
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