Médicaments pour traiter le cancer

Seul le Votrient sera accepté

Première publication 4 octobre 2011 à 20h00
Seul le Votrient sera accepté
Crédit photo : TVA Nouvelles
Raymond Dussault, un homme atteint du cancer du poumon qui prétend que l'Alimta lui a sauvé la vie.
TVA Nouvelles

Autre source d'inquiétude pour les patients atteints d'un cancer, la Régie de l'assurance-maladie ne remboursera qu'un seul nouveau médicament pour les traitements. Seul le Votrient, contre le cancer du rein, est nouvellement accepté.

L'Institut national d'excellence en santé et services sociaux évalue notamment le rapport entre le coût d'un médicament et son efficacité pour juger de la possibilité de remboursement.

Plusieurs patients qui se voient prescrire de l'Alimta, pour traiter le cancer du poumon considèrent le médicament comme très efficace.

«Vraiment, ce traitement-là m'a... J'étais pour dire m'a ressuscité», exprime Raymond Dussault, un homme atteint du cancer du poumon.

Le problème est que l'Alimta est remboursé dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec. La Coalition priorité cancer se demande donc, quel est le prix de la vie dans la Belle Province.

La Dre Marie Florescu, spécialiste en hématooncologie se révolte de voir la souffrance des patients être alourdie par des frais qui devraient être remboursés par le gouvernement. «Les patients ont déjà le cancer. De savoir qu'ils n'ont pas accès à quelque chose à quoi ils pourraient avoir accès, c'est très difficile.»

Le Dr Pierre Audet-Lapointe, président de la Coalition priorité cancer au Québec s'explique mal comment on peut se baser uniquement sur l'efficacité d'un médicament et non pas sur la survie elle-même de la personne souffrante. «On a des statistiques, mais la statistique importante c'est celle du patient. Est-ce que ce patient répond ou non? Et son taux de survie pour lui, c'est une question de 100%.»

Pourquoi le Votrient plus qu'un autre médicament?

Le Votrient est nouvellement accepté en pharmacoéconomie pour une seule raison «c'est qu'il est moins dispendieux que le traitement qui est disponible en ce moment », dit Nicole Giroux de l'Association canadienne du cancer du rein.

La Dre Florescu trouve cela décevant, car elle estime que le ministre de la Santé Yves Bolduc avait parlé de l'importance de la valeur thérapeutique d'un traitement, et non de son efficacité directe. «Évidemment, c'est très, très décevant parce que c'est comme s'il n'avait pas compris et ce n'est pas ce qu'il avait dit.»

Yves Bolduc, répond que «ce n'est pas le ministre qui décide, c'est plutôt des comités d'experts qui font des recommandations.»

Le cancer est la première cause de décès au Québec avec 20 000 morts l'année dernière.

La Coalition priorité cancer veut porter le débat sur la place publique. Elle tiendra donc un symposium sur l'accès éthique aux médicaments et traitements de pointe en décembre.

Témoignage touchant

Raymond Dussault a été diagnostiqué d'un cancer du poumon de stade 4 en 2008. Il a d'abord été suivi en chimiothérapie, puis on l'a même placé en soins palliatifs tellement son état était jugé comme grave.

Il a voulu connaître ses alternatives, connaître tous les traitements disponibles et c'est à ce moment qu'on lui a parlé du traitement à l'Alimta. Un médicament qui n'est pas remboursé au Québec, mais qui l'est en Ontario et dans toutes les autres provinces canadiennes.

Raymond Dussault a vu son état s'améliorer considérablement grâce à l'Alimta. «Sans ce médicament-là, j'aurais décru de façon incroyable.»

«Je suis un bénéficiaire de ce médicament-là, qui n'est pas expérimental et qui est reconnu dans les autres provinces», explique M. Dussault.

«Si mon code postal me tue, c'est plate.» Effectivement, pour quelqu'un qui s'appellerait Raymond Dussault de l'autre côté de la frontière québéco-ontarienne, les médecins ne se poseraient pas de questions et administreraient ce traitement.

Frustration en tant que médecin

Normand Blais est oncologue à l'hôpital Notre-Dame. Il explique que la «frustration en tant que médecin est de voir qu'au fil des années, depuis 2007 en fait, on voit une disparité entre ce qui est disponible dans plusieurs provinces [...] qui maintenant ont accès à des médicaments qui ne sont pas permis d'être prescrits au Québec pour des raisons financières.»

Dans le cas de M. Dussault, le traitement à l'Alimta est un traitement exceptionnel, dont ne bénéficient pas tous les patients atteints de cancer du poumon. Car comme l'explique le Dr Blais, à l'hôpital Notre-Dame où M. Dussault est traité «c'est une institution où on a un accès à des médicaments qui sont payés par des compagnies pour qu'on puisse faire des études pour démontrer la valeur du traitement.»

Le Dr Blais a des difficultés à accepter le fait que «pour des médicaments qui sont déjà approuvés par Santé Canada et dont on connaît la valeur... puis on arrive pour voir le patient et on lui dit ‘'le médicament idéal pour lui c'est l'Alimta'' on lui prescrit une ordonnance, puis il arrive à la pharmacie de l'hôpital et ça lui est refusé parce qu'il n'y a pas de financement.»

C'est la différence entre un protocole de recherche et un traitement approuvé.

 

En vidéo

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.