Unité anticollusion

Duchesneau écarté pour «manque de loyauté»

Première publication 28 octobre 2011 à 12h08
Mise à jour : 28 octobre 2011 à 18h30
Duchesneau écarté pour «manque de loyauté»
Crédit photo : Agence QMI
TVA Nouvelles avec Agence QMI

TVA Nouvelles a appris que Jacques Duchesneau est forcé de quitter l'Unité anticollusion (UAC).

L'Unité permanente anticorruption (UPAC), à laquelle est maintenant intégrée l'Unité anticollusion, a mis fin au contrat de M. Duchesneau.

Ce dernier, qui était en vacances depuis près de trois semaines, a rencontré vendredi matin le patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, commissaire à la lutte contre la corruption. C'est à ce moment que la décision a été prise.

L'UPAC a reproché à Duchesneau son «manque de loyauté». «Les récentes déclarations de M. Duchesneau rendaient impossible de poursuivre la collaboration», nous a-t-on dit.

M. Lafrenière a été piqué au vif par les récentes déclarations de Jacques Duchesneau. Celui-ci avait estimé que ce n'est pas un policier qui devrait être à la tête de l'UPAC, mais plutôt un juge à la retraite comme John Gomery. «L'UPAC, c'est pas fort. Ils pensent police», avait-il notamment dit.

M. Duchesneau avait été nommé en février 2010 à la tête de la nouvelle unité anticollusion et recevait un salaire annuel de 205 000$. Selon son contrat, il devait être en poste jusqu'en mars prochain.

Malgré le départ de son chef, l'UAC poursuivra son travail normalement sous la direction de l'UPAC et de son commissaire, Robert Lafrenière.

Une décision contestée

Le Parti québécois (PQ) et l'Action démocratique du Québec (ADQ) ont tous les deux condamné la décision de l'UPAC.

Les deux partis redoutent que Jacques Duchesneau ait été congédié en raison des révélations qu'il a faites sur la place publique.

«Moi je pense que M. Duchesneau voulait continuer son travail. Il avait fait un bon travail. On sait que cet homme-là est intègre. Il a amené beaucoup de conclusions devant la commission et il a témoigné de façon exemplaire. [...] J'espère que ce n'est pas pour ça qu'on s'en débarrasse», a affirmé la leader parlementaire de l'ADQ, Sylvie Roy, en entrevue à TVA Nouvelles. «Ça fait beaucoup de mauvaises nouvelles pour l'UPAC et ça mine la crédibilité de l'Unité», ajoute-t-elle.

Le PQ est quant à lui encore plus cinglant et accuse directement le gouvernement de vouloir se débarrasser du patron de l'UAC pour ses révélations.

«Moi, ce que je ne comprends pas, c'est: pourquoi congédier M. Duchesneau à ce stade-ci, sinon parce qu'il a parlé. Ce gouvernement semble profondément allergique à toute transparence dans le dossier de la collusion et de la corruption», dit Stéphane Bergeron du PQ. «On punit Jacques Duchesneau, malgré la qualité du travail qu'il a fait, simplement parce qu'il a révélé publiquement ce qu'il connaissait. Je trouve ça totalement inadmissible. [...] On semble tout faire pour faire en sorte que cette Unité soit totalement inopérante et dysfonctionnelle!»

«Monsieur Duchesneau, à mon avis, a fait preuve d'une grande loyauté envers les Québécois», a déclaré Amir Khadir, de Québec solidaire.

Les ministres de la Sécurité publique, Robert Dutil, et des Transports, Pierre Moreau, ont refusé de commenter cette nouvelle.

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