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Plusieurs milliers de grévistes ont défilé dans les rues du Québec, ce jeudi, afin de dénoncer la hausse des frais de scolarité.
À Montréal, entre 20 000 et 30 000 étudiants ont pris part à une manifestation monstre pour contester la décision du gouvernement Charest d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars sur cinq ans. Cette hausse correspond à environ 300 dollars par année.
Les étudiants se sont rassemblés à la place Émilie-Gamelin jusqu'à 14h, cet après-midi, et ont ensuite entamé une marche devant les mener aux bureaux du premier ministre Charest, perturbant ainsi la circulation en pleine heure de pointe.
Selon les témoins, le tout s'est déroulé calmement la majeure partie du temps. Toutefois, en fin d'après-midi, devant l'entrée du bureau de Jean Charest, un groupuscule a lancé des projectiles, selon le Service de police de la Ville de Montréal.
Des tensions ont également été notées près de l'Université McGill, à la suite de l'occupation de bureaux administratifs ayant forcé l'intervention des policiers. Alors que les étudiants se dispersaient, quelques manifestants ont provoqué les forces de l'ordre en lançant des projectiles dans leur direction. Ces derniers ont alors dispersé la foule en utilisant du poivre de Cayenne et des gaz irritants.
Le SPVM affirme avoir procédé à quatre arrestations en lien avec la manifestation.
Rassemblement historique
En avant-midi, le porte-parole de l'Association pour une solidarité étudiante (ASSÉ) avait prévenu que cette manifestation risquait d'être «la plus grosse manifestation des dernières années».
«C'est un mouvement historique. Il y a près de 200 000 personnes qui ont voté pour aller en grève aujourd'hui pour contester la hausse des frais de scolarité», a rapporté Gabriel Nadeau-Dubois.
Agence QMI.
Des étudiants de partout
Pour Sarah Tchoryk, étudiante en géographie à l'université de Rimouski qui a quitté sa région à 6h30 pour être à Montréal à temps, il est important de clamer haut et fort son désaccord. «Pour beaucoup d'étudiants en région, nous sommes la première génération à atteindre l'université. On ne veut pas perdre ça.»
Près de 200 étudiants du Cégep de Sherbrooke gonflés à bloc ont mobilisé six autobus pour se rendre à Montréal afin de crier haut et fort leur mécontentement.
Les anglophones étaient aussi présents en masse. «Peu importe notre origine, nous sommes tous ici pour protester», dit Nicola, de l'Université Concordia.
Plusieurs étudiants ont été aperçus avec des masques d'Anonymous, symbole du groupe internet du même nom, connu pour ses attaques contre Sony et Mastercard. «On ne veut pas faire la révolution, mais les choses doivent changer. Je porte d'ailleurs le masque sur ma tête et pas mon visage parce que je ne veux pas faire du trouble», a dit Anthony Stafford, étudiant en histoire de l'art à l'Université Laval qui a fait le trajet Québec-Montréal en autobus.
Les raisons de la colère
L'accessibilité aux études est la première raison invoquée par les étudiants pour manifester contre la hausse des frais de scolarité. De fait, les appuis au mouvement étudiant se sont multipliés dans les derniers jours.
Une centaine de groupes, dont la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ) et la Fédération des femmes du Québec (FFQ), ont fait savoir qu'ils étaient contre cette hausse. De passage à LCN, jeudi en après-midi, Jean Trudel a encouragé les étudiants à manifester contre l'augmentation des frais de scolarité.
«Cette hausse ne passe pas. C'est un front uni de toutes les associations étudiantes du Québec qui, d'une seule voix, crie ''non aux frais de scolarité''. Il faut remonter à la grève de 2005 pour voir quelque chose de comparable», a ajouté M. Nadeau-Dubois.

De son côté, le président de l'Association générale des étudiants du Cégep de Rosemont, Philippe Beaudoin-Martin, affirme que le coût des études au Québec ne peut pas être comparé à celui des autres provinces.
Les chefs de file étudiants ont indiqué qu'ils ne lâcheront pas prise et ont laissé entendre que d'autres gestes seront posés si le gouvernement Charest ne revient pas sur sa décision d'augmenter les droits de scolarité.
Ailleurs au Québec
Dans la ville de Québec, environ 150 cégépiens se sont postés devant l'entrée principale du Cégep Garneau vers 6h30 pour forcer l'administration à annuler les cours des 6000 étudiants. À l'Université Laval, six départements de sciences sociales représentant 2000 universitaires ont voté pour cette journée de grève.
Au Cégep Ste-Foy, les étudiants se sont prononcés à 55% contre la grève alors qu'au Cégep Limoilou, un ''bed-in'' a été organisé mercredi soir.
Après qu'une poignée de manifestants se soient assurés de l'annulation des cours, ceux-ci sont montés, vers 10h, dans les autobus pour se rendre à la grande manifestation prévue en après-midi à Montréal.
Sur la Côte-Nord, un groupe d'étudiants a bloqué l'accès au Cégep de Sept-Îles jeudi matin. Une délégation s'est rendue à Montréal pour participer à la grande manifestation.
Dans le Bas-Saint-Laurent, la direction du Cégep de Rimouski et celle de l'Université du Québec à Rimouski ont annulé les cours de jeudi parce que des dizaines d'étudiants ont formé des piquets de grève devant ces institutions.
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Hausse des droits de scolarité 150 000 étudiants en grève |
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