Assurance-emploi

Délais interminables pour les chômeurs

Première publication 26 janvier 2012 à 22h42
Délais interminables pour les chômeurs
Crédit photo : Agence QMI
Le Montréalais Michel Tardif est en litige avec Services Canada, qui refuse de lui permettre d'avoir recours aux prestation d'assurance-chômage parce qu'il n'aurait pas accumulé le nombre d'heures de travail requises pour y avoir droit.
Par Marie-Pier Cornellier | TVA Nouvelles

Les chômeurs doivent faire preuve d'une grande patience pour toucher de l'assurance-emploi. Alors que le délai prévu est de 28 jours pour recevoir sa première prestation, il faut compter plus souvent 45 jours.

Au total, 20 000 des 75 000 nouvelles demandes sont en retard.

«Notre volume d'appels est élevé et nous ne pouvons transférer votre appel à un agent», se font répondre ceux qui tentent de rejoindre les bureaux d'assurance-emploi.

«Ce fameux numéro-là, à partir de 8h30 du matin ou 9h30, cinq minutes après, n'essayez plus de l'avoir», relate Michel Tardif, un chômeur qui habite Montréal.

Pour faire réviser son dossier, c'est encore pire. Ce qui devrait prendre 21 jours peut prendre jusqu'à 100 jours. Certains recevraient même leur chèque d'aide sociale avant celui d'assurance-emploi.

Réduction des services

«Moi, dans mon bureau, je peux vous dire que j'ai vu des gens pleurer. T'as perdu ton emploi, ce n'est pas un luxe», estime Claude Patry, critique en matière d'assurance-emploi pour le NPD.

Les coupures du gouvernement fédéral sont montrées du doigt. «Ce n'est pas la faute des employés, ils sont débordés. En étant débordés, ça bloque quelque part», continue M. Patry.

«Ces dossiers-là ont été mis de côté carrément par l'employeur. Le citoyen a pourtant besoin de cet argent-là maintenant», d'après Sylvain Archambault, du syndicat d'Emploi et immigration.

Chez Service Canada, les employés font maintenant du temps supplémentaire et les chefs d'équipe sont retournés sur le plancher.

«Là, il y a des actions qui sont prises, mais, on vous avoue, un peu trop tard», ajoute M. Archambault.

«Je veux bien croire qu'ils ont des délais exceptionnels, mais j'ai une maison à payer, j'ai des comptes à payer. Je ne peux pas vivre sans argent», déplore pour sa part Samuel Tremblay, un chômeur de l'Estrie.

Le mouvement des chômeurs de l'Estrie a d'ailleurs initié une pétition en ligne pour dénoncer la situation. «C'est une pétition qui congédie la ministre pour manque respect envers les travailleurs et travailleuses», affirme le coordonnateur du Mouvement des chômeurs de l'Estrie, Denis Poudrier. Cette pétition fait boule de neige: quatre régions du Québec l'ont reprise depuis sa mise en ligne.

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