Bras de fer syndical au Plan Nord

Première publication 25 février 2012 à 13h13
Bras de fer syndical au Plan Nord
Crédit photo : Agence QMI
La mine a ciel ouvert d'ArcelorMittal Mines Canada au Mont-Wright a Fermont dans le Grand du Quebec.
Par Régys Caron | Agence QMI

Le Plan Nord est devenu le théâtre d'un nouveau bras de fer opposant la FTQ-Construction à la Commission de la construction du Québec à propos du placement syndical et de la loi 33.

Un litige survenu au début du mois sur le site de la mine ArcelorMital, à Fermont, à propos d'une surreprésentation de travailleurs provenant de l'extérieur de la Côte-Nord, s'est soldé cette semaine par une entente entre le syndicat et l'entreprise Les Excavations Marchand et fils.

La FTQ-Construction a aussitôt émis un communiqué reprochant à la Commission de la construction du Québec (CCQ) de s'être montrée incapable de régler la situation après qu'une plainte eut été déposée. Le syndicat reproche aussi à la loi 33 d'empêcher le dialogue patronal-syndical.

«Si on ne peut pas parler à l'employeur et représenter nos travailleurs, on s'en va à l'échec», prévient Michel Bezeau, représentant de l'Association des manœuvres interprovinciale (AMI). De l'avis de la FTQ, l'entente survenue à Fermont sera illégale quand la loi 33 entrera en vigueur en décembre 2012.

Réforme

Depuis l'adoption de la loi 33 éliminant le placement syndical, les relations patronales-syndicales dans l'industrie de la construction sont à être redéfinies et la CCQ, en plus de son pouvoir d'enquête, sera chargée de la référence des travailleurs.

«C'est de la propagande de la FTQ qui cherche à créer de la confusion chez les travailleurs», déplore le président Aldo-Miguel Paolinelli.

Le rôle de la CCQ est présentement de recevoir des plaintes, d'enquêter sur des infractions aux conventions collectives et d'intenter des recours le cas échéant, pas de régler des griefs entre syndicat et employeur, a expliqué le porte-parole de l'organisme, Louis-Pascal Cyr.

Après avoir reçu la plainte de la FTQ-Construction, la CCQ a dépêché deux inspecteurs à la mine ArcelorMital pour faire enquête, a confirmé M. Cyr. Pendant ce temps, les syndicats affiliés à la FTQ-Construction, local 791 et local AMI, ont négocié une entente avec Les Excavations Marchand et fils.

«On a eu de belles discussions et on s'est entendus rapidement avec le syndicat», a confirmé un porte-parole de l'employeur, M. Philippe Saint-Louis.

La CSN-Construction a réagi à la sortie de la FTQ-Construction. «C'est de la propagande de la FTQ qui cherche à créer de la confusion chez les travailleurs, déplore le président Aldo-Miguel Paolinelli. La loi 33 ne modifie pas les relations de travail entre les patrons et les syndicats. L'objectif derrière tout ça, c'est de discréditer la loi.»

La CSN-Construction a entre 450 et 500 membres sur la Côte-Nord. La loi 33 n'empêche pas le dialogue patronal-syndical, soutient Charles Robert, attaché de presse de la ministre du Travail, Lise Thériault.

La FTQ-Construction n'a pas tort quand elle soutient que la loi 33 empêchera la dialogue entre les syndicats et les employeurs, opine Jean Sexton, spécialiste des relations de travail dans le domaine de la construction.

À son avis, le gouvernement prend un risque énorme en confiant la référence syndicale à la CCQ, parce qu'elle ne détient pas l'information dont elle aura besoin pour le faire. «Ils sont assez mêlés, ils ne savent pas ce qu'ils seront capables et incapables de faire (...) La bureaucratie ne sera pas capable de suivre», craint M. Sexton. Le gouvernement Charest s'est donné une année de transition pour appliquer la loi 33 en totalité.

 
 
 
 
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