Manifestations étudiantes

Trop tard, selon Charest

Première publication 22 mars 2012 à 11h34
Mise à jour : 22 mars 2012 à 19h08
Trop tard, selon Charest
Crédit photo : TVA Nouvelles
Par Rémi Nadeau | Agence QMI

Les étudiants peuvent manifester autant qu'ils le désirent, mais leur contribution au débat sur les droits de scolarité arrive bien trop tard, a prévenu le premier ministre, Jean Charest.

Alors qu'une manifestation monstre doit se mettre en branle à Montréal jeudi, M. Charest a réitéré en matinée que les participants ne peuvent s'attendre à faire reculer le gouvernement.

«La question des droits de scolarité a fait l'objet d'un long débat au Québec depuis des années. Notre gouvernement a organisé une discussion là-dessus en prévision du budget de 2011, et les étudiants ont choisi de boycotter la discussion, malheureusement», a précisé le premier ministre.

Selon lui, depuis, le gouvernement a fait un choix fondé sur sa volonté de doter le Québec d'un réseau d'éducation post secondaire de calibre mondial. «Il fallait se donner des moyens pour y arriver, et ces moyens demandent un effort à tout le monde», a ajouté M. Charest.

Il a de nouveau martelé que la contribution demandée aux étudiants constitue seulement 17 % du coût total de leur formation.

Pauline Marois croit que ces arguments ne le dispensent pas d'écouter les revendications des étudiants. «Jean Charest voudrait nous faire croire que c'est faire preuve de leadership que de se montrer rigide et sourd. Au contraire, en refusant de dialoguer avec les jeunes, [il] fait preuve de faiblesse», a déclaré la chef du Parti québécois.

Appel au civisme

M. Charest a demandé aux manifestants d'exercer leur droit de se faire entendre dans l'ordre. «On s'attend à ce que les manifestations se fassent de manière pacifique. Les gens ont le droit de s'exprimer, mais on s'attend à ce que les gens le fassent en respectant les autres.»

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a aussi lancé un appel au civisme des manifestants. «Ce n'est pas le moment qu'il y ait des gestes de débordement ou le recours au vandalisme», a-t-elle prévenu.

Selon elle, l'occupation du pont Champlain, plus tôt cette semaine, est un exemple de manifestation inacceptable à ne pas répéter.

«Ce n'est pas en utilisant des moyens qui contreviennent à nos lois, qui peuvent mettre en cause la sécurité des personnes, ce n'est pas un bon moyen pour inciter quelqu'un d'être à l'écoute», a ajouté Mme Beauchamp.

Elle dit accueillir la manifestation d'aujourd'hui «avec beaucoup de respect», mais elle soutient «écouter la majorité silencieuse».

Rappelons que le gouvernement du Québec augmentera les droits de scolarité de 325$ par année sur cinq ans à compter de la prochaine session universitaire d'automne, pour une hausse totale de 1625$

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