Course à la direction du NPD

Thomas Mulcair l'emporte

Première publication 24 mars 2012 à 21h16
Mise à jour : 24 mars 2012 à 22h55
Thomas Mulcair l'emporte
Crédit photo : Reuters
TVA Nouvelles et Agence QMI

Après quatre tours, Thomas Mulcair a remporté la course à la direction du Nouveau parti démocratique du Canada, en obtenant 33 881 votes, soit 57,2%. Il devient ainsi le successeur de Jack Layton et chef du NPD. 

La course à la direction du NPD en images

Brian Topp, l'ex-stratège de Jack Layton a terminé deuxième avec 43% des suffrages, soit 25 329 voix.

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Thomas Mulcair, visiblement ému, a donné son premier discours, devant une foule exaltée.

Il a promis de travailler pour tous les Canadiens, provenant de tous les coins du pays. «Dans toutes les communautés qu'on a visitées, on a retrouvé des gens qui ont les mêmes défis. Ils avaient l'impression que leur voix n'était pas entendue par le gouvernement actuel.»

M. Mulcair n'a pas hésité à critiquer le gouvernement actuel. «On ne peut pas demander à nos concitoyens de faire leur part si le gouvernement n'est pas prêt à faire sa part. Les Canadiens ont l'impression que leur gouvernement n'est pas le leur.»

«Pendant trop longtemps, nos dirigeants n'avaient rien à faire que d'opposer les citoyens, les francophones, les anglophones, les régions. La perception de la discorde entre les régions rend les défis plus difficiles à surmonter», estime M. Mulcair, promettant de changer cette dynamique.

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Les racines de Mulcair

Inconnu dans l'Ouest, sans profondes racines dans ce parti, M. Mulcair avait hésité à se lancer dans cette course que l'on donnait gagnée d'avance à Brian Topp.

Avec l'appui dès le départ de l'ex-chef néo-démocrate, Ed Broadbent et de l'ex-premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, M. Topp, ex-stratège de Jack Layton et candidat de l'establishment, s'était imposé comme le candidat à battre.

Or, la vision de Thomas Mulcair a triomphé. Sous sa direction, le NPD ne se contentera plus d'être la conscience du Parlement, un parti attaché à ses principes, coûte que coûte. «Comme Jack Layton l'a dit, notre plus grande réalisation le 2 mai n'était pas de gagner des sièges au Parlement, mais de leur donner une raison de croire qu'ils peuvent voter pour apporter des changements », a précisé le nouveau chef.

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Après avoir réalisé le meilleur score dans leur histoire aux élections du 2 mai en remportant 103 sièges dont 59 au Québec, M. Mulcair croit que le parti doit voir plus loin.

«Pour gagner lors de la prochaine élection et former le premier gouvernement fédéral néo-démocrate, notre parti doit aller au-delà de sa base traditionnelle et unir toutes les forces progressistes sous la bannière du NPD», a-t-il poursuivi au son d'applaudissements nourris.

Il a promis de le faire «sans sacrifier l'unité de notre parti».

M. Mulcair, ex-ministre libéral de l'Environnement sous le gouvernement de Jean Charest, devra tenter d'apaiser les tensions entre les divers camps. Il tiendra son premier caucus dimanche.

Né à Ottawa, fils de père Irlandais, il a grandi à Laval. Il a été élu trois fois au Québec et trois fois sur la scène fédérale, d'abord dans une partielle dans le bastion libéral d'Outremont en 2007, puis réélu en 2008 et en 2011.

Brian Topp s'est battu jusqu'à la fin

Brian Topp a été de tous les combats aux côtés de Jack Layton. Fin stratège, il a esquissé de grands pans de la campagne électorale néo-démocrate historique de 2011. Né à Longueuil, parfaitement bilingue, il avait promis de lutter contre les inégalités sociales en proposant un niveau d'imposition supérieur de 35 % visant les plus riches.

Cadre important dans le cabinet de l'ex-premier ministre néo-démocrate de longue date de la Saskatchewan, Roy Romanow, M. Topp comptait se présenter dans une circonscription au Québec.

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Il n'avait pas hésité à dire qu'il demanderait à un député québécois de lui céder sa place. M. Topp jugeait important de mener le NPD à la victoire aux prochaines élections en construisant le parti à partir de sa base québécoise.

Lors de son discours devant les militants vendredi, il a invité les Québécois à le suivre.

«Oui, on a perdu Jack, avait-il déclaré, mais nous pouvons continuer son travail. Nous pouvons construire un pays plus juste et égalitaire, un pays qui respecte le Québec, qui fait la promotion de la culture québécoise et de ses artistes et de sa langue.»

Autres tours

Rappelons que lors du troisième tour, Thomas Mulcair avait remporté 27 488 votes (43,8%), Brian Topp avait récolté 19 822 votes (31,6%) et Nathan Cullen avait terminé troisième avec 15 426 votes (24,6%).

Lors du deuxième tour, Thomas Mulcair avait remporté 38,3% des voix contre son plus proche adversaire, Brian Topp, qui avait récolté 25% des suffrages. Peggy Nash (avec 16,8% des votes) a été éliminé au deuxième tour, alors que Nathan Cullen avait remporté 19,9% des votes.

Le député d'Ottawa-centre, Paul Dewar, et le pharmacien de la Nouvelle-Écosse Martin Singh avaient choisi de ne pas aller au deuxième tour. Arrivée septième, la Manitobaine Niki Ashton avait été éliminée.

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Tentative de cyberattaque

Des pirates informatiques ont tenté de saborder le déroulement du scrutin en cours en s'attaquant au système de vote électronique, mais le tour a été déjoué, a fait savoir un responsable rattaché au Nouveau Parti démocratique, Brad Lavigne.

La présidente du parti, Rebecca Blaikie, parlait carrément d'une cyberattaque. Elle a souligné que deux adresses IP auraient été identifiées. M. Lavigne préfère parler d'une tentative de cyberattaque, car «ils n'ont pas réussi à entrer dans le système».

Il a précisé que la sécurité du système de vote par internet n'avait pas été compromise.

«Nous n'avons pas encore toutes les réponses à ce stade», a-t-il cependant conclu.

 

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