Christian Paradis réagit à la controverse

Un voyage de chasse sans lobbying

Première publication 27 mars 2012 à 12h19
Mise à jour : 27 mars 2012 à 22h09
Un voyage de chasse sans lobbying
Crédit photo : Agence QMI
TVA Nouvelles et Agence QMI

Un voyage à Charlevoix au camp de chasse privé de Marcel Aubut, en 2009, revient hanter le ministre de l'Industrie, Christian Paradis.

Le conservateur était à l'époque ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, donc responsable de l'octroi des contrats gouvernementaux, quand il a passé du temps au camp de Me Aubut.

L'influent avocat, ancien propriétaire des Nordiques, et la Ville de Québec tentaient alors de convaincre le fédéral de financer la construction de l'amphithéâtre multifonctionnel.

Le Parti libéral du Canada a porté plainte à la Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, alléguant que Christian Paradis avait peut-être enfreint toutes les dispositions de la Loi sur les conflits d'intérêts.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) promet de déposer aussi une plainte.

Hermétique aux pressions

Le ministre et lieutenant politique du Québec pour les conservateurs martèle avoir payé pour son propre voyage de chasse. Il affirme qu'en aucun temps «avant» ou «pendant» M. Aubut n'a fait du lobbying auprès de lui au sujet de l'amphithéâtre.

«J'ai assumé ma part des coûts et, en aucun temps, il n'y a eu du lobbying de la part de M. Aubut envers moi», a déclaré M. Paradis, ajoutant s'être rendu de lui-même en voiture au camp, prenant même la peine d'y emmener son «lunch» et son sac de couchage.

«À l'entendre parler, c'était presque une présentation Tupperware, il emmenait son propre lunch et tout ça. Connaissant Marcel Aubut, je trouve ça un peu drôle, les sandwichs pas de croûte, mais en tout cas», a ironisé le député libéral Denis Coderre.

Le directeur exécutif du Comité olympique canadien et porte-parole de M. Aubut, Dimitri Soudas, indique que le voyage de chasse était «strictement de nature personnelle», ajoutant que «toute question de nature gouvernementale n'a pas été soulevée».

«C'est quelque chose qui se passe sur une base annuelle pour Marcel Aubut, sa famille et ses proches. On parle juste de quelques personnes», a fait savoir M. Soudas, anciennement directeur des communications pour le premier ministre Stephen Harper.

Pour le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, le premier ministre Harper a «un devoir d'État» de clarifier l'ensemble de la situation entourant son ministre.

Le chef intérimaire des libéraux, Bob Rae, estime que le ministre Paradis doit démissionner de ses fonctions. «À mon avis c'est un manque de jugement complet pour un ministre d'être dans un endroit où l'intérêt public peut être compromis.»

Le premier ministre Stephen Harper, qui termine présentement une tournée en Asie, a réagi à cette affaire en prenant ses distances, faisant valoir qu'il s'agissait d'un «voyage privé».

«Il n'y a aucun lien à ce que je sache avec les affaires du gouvernement», a fait savoir M. Harper.

Le gouvernement fédéral avait d'ailleurs refusé de contribuer au financement du projet d'amphithéâtre de 400 millions$.

Traitement de faveur

Toujours en 2009, Christian Paradis a contrevenu à la Loi sur les conflits d'intérêts en accordant un traitement spécial à un ancien député conservateur, Rahim Jaffer, et son entreprise, Green Power Generation.

La Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, a estimé que le ministre a accordé un traitement de faveur à son ancien collègue conservateur lorsqu'il a donné comme instruction à son personnel d'organiser une rencontre entre l'entreprise Green Power Generation, dont M. Jaffer était directeur, et des fonctionnaires de Travaux publics.

Après avoir entendu 21 témoins, la commissaire a conclu que Christian Paradis a contrevenu à l'article 7 de la Loi, qui porte sur le traitement de faveur, ainsi qu'au paragraphe 6 (1), qui interdit aux titulaires de charge publique de prendre des décisions pouvant les mettre en situation de conflit d'intérêts.

Intervention du ministre

En février, le président du caucus québécois du NPD, Guy Caron, a déposé une plainte à la Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique concernant le possible conflit d'intérêts impliquant le ministre conservateur Christian Paradis.

Selon l'opposition officielle, Christian Paradis, député de Mégantic—L'Érable, aussi ministre des Ressources naturelles et lieutenant politique des conservateurs au Québec, serait intervenu pour que le centre de traitement de dossiers d'assurance-emploi de Rimouski déménage dans un édifice qui est la propriété de l'un de ses proches dans sa circonscription.

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