Création d'une commission sur la gestion des Universités

Beauchamp prête à discuter avec la FEUQ

Première publication 15 avril 2012 à 16h17
Mise à jour : 15 avril 2012 à 19h20
TVA Nouvelles et Agence QMI

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a déclaré en conférence de presse dimanche en fin d'après-midi, être prête à entamer des discussions sur la mise en place d'une «commission indépendante et permanente» pour assurer une saine gestion des universités.

Pour ce faire, elle se dit ouverte à rencontrer les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

Lors de l'assemblée générale de la FEUQ qui se tenait ce week-end, la présidente Martine Desjardins a invité le gouvernement à discuter de la façon dont les universités québécoises sont administrées.

«J'ai pris acte de la proposition de la FEUQ et je suis tout à fait disposée à en discuter», a mentionné la ministre Beauchamp.

Elle a ajouté que c'était là le bon sujet de discussion et que «des efforts supplémentaires peuvent être faits sur cette question de transparence de la gestion des Universités».

Toutefois, la ministre a précisé que le gouvernement restait «ferme sur la hausse des droits de scolarité

Plus tôt dimanche, la FEUQ a affirmé qu'elle proposera lundi «une troisième piste de solution pour améliorer le financement des universités». Elle n'a cependant pas fourni de détails concernant cette initiative.

«On est dans la bonne direction, mais on ne parle pas de victoire, il reste encore beaucoup de travail à faire, a commenté Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, en entrevue à LCN. Demain, nous allons appeler au cabinet de la ministre pour savoir quand cibler cette rencontre-là. [...] Mais la ministre ne peut pas faire fi des autres dossiers comme celui de la hausse des frais de scolarité», a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, la FEUQ a indiqué dans un communiqué qu'elle «a bien l'intention d'emmener la question des frais de scolarité lors de cette rencontre, puisque toute table de négociation portant sur la question de la gestion financière des universités amène nécessairement la discussion sur la hausse des frais de scolarité.»

«Ça va froisser les étudiants en grève»

«C'est un pas dans la bonne direction de voir que la ministre veut s'attaquer à la mauvaise gestion universitaire, mais on déplore de voir que l'on refuse encore de s'attaquer au fond du problème, c'est-à-dire les droits de scolarité à l'université», a réagi le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, en entrevue à LCN.

«Est-ce que ce sera suffisant pour arrêter la grève? J'en doute, mais on va prendre le temps d'analyser plus en profondeur la proposition de la ministre.»

Il anticipe une réaction plutôt négative de la part des étudiants.

«C'est une bonne nouvelle, mais ça n'amène pas plus d'argent sur la table pour se nourrir ou pour payer le loyer, donc c'est sûr que ça va froisser les étudiants en grève depuis plus de neuf semaines maintenant», a dit Léo Bureau-Blouin.

Même son de cloche du côté de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui n'a pas été invitée à la table de discussion, car la ministre a qualifié les positions de la Coalition «d'assez extrêmes».

«La ministre est toujours aussi méprisante! La CLASSE va continuer de lutter contre l'augmentation des frais de scolarité», a fait savoir la Coalition sur son compte Twitter.

«La sortie de la ministre démontre que notre grève fonctionne, a-t-on ajouté. Notre grève va continuer jusqu'à une discussion sur la hausse des frais!»

En entrevue à TVA Nouvelles, la coporte-parole de la CLASSE Jeanne Reynold a fait savoir que la grève continuera, malgré cette annonce.

«Encore une fois, la ministre appelle les organisations étudiantes à venir négocier sur un enjeu qui n'est pas l'enjeu principal, car personne n'est contre une meilleure administration des fonds des universités, ça peut d'ailleurs être une solution pour éviter cette hausse des frais de scolarité.»

«C'est certain qu'on va consulter nos assemblées générales sur l'annonce qu'à fait la ministre. Toutefois, je pense que la majorité des grévistes vont rester en grève pour la véritable revendication qui est la hausse des frais de scolarité.»

Réaction de la FEUQ

«La FEUQ salue la reconnaissance de la mauvaise gestion financière des universités par la ministre Beauchamp. Nous sommes prêts à rencontrer le gouvernement sur cette question, tant que l'on peut aborder le sujet de la contribution étudiante puisqu'évidemment, discuter de la gouvernance universitaire va de pair avec la question des frais de scolarité tels que nous l'avons répété depuis le début de la campagne. La Fédération souhaite que la FECQ et la CLASSE aient voix au chapitre et soient parties prenantes de cette rencontre», pouvait-on lire sur la page Facebook de la fédération.

Sur son compte Twitter, la fédération a signifié à la ministre «qu'elle abordera, lors de cette table, la question des droits de scolarité».

Avant l'annonce de la ministre, la présidente de la FEUQ avait affirmé par voie de communiqué, que «ce gouvernement est borné et entêté. Il considère les étudiants comme des citoyens de seconde classe. Tant qu'il aura cette attitude arrogante, les étudiants se dresseront et lutteront contre ce gouvernement qui veut hypothéquer l'avenir du Québec».

Au cours de la semaine, plusieurs actions sont prévues notamment une manifestation bâillon dès 14 h mercredi, à Montréal. La présidente de la FEUQ a également souligné que les actions de «blocage de certains bureaux» allaient se poursuivre au cours des prochains jours.

La faute des responsables étudiants, selon le MESRQ

Le porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ), Simon Talbot, estime que les étudiants sont entièrement responsables de l'impasse avec le gouvernement.

«C'est de la faute aux leaders étudiants qui s'entêtent à ne parler que du gel des frais de scolarité qu'on est rendu là, a-t-il dit en entrevue à TVA Nouvelles [...] Il serait temps qu'ils se regardent dans le miroir pour voir qu'ils sont responsables de l'état des choses.»

M. Talbot croit que le mouvement s'essouffle et que les appuis pour cette grève s'effritent. «En prenant en otage le système», les étudiants croyaient faussement pouvoir faire capituler le système, a-t-il ajouté.

Le gel des droits de scolarité est une revendication farfelue, selon le porte-parole du MESRQ. «La ministre doit continuer de tenir la ligne dure et ne pas capituler devant l'intimidation d'un nombre d'étudiants de plus en plus faible», a ajouté Simon Talbot.

Ce dernier croit que les étudiants font preuve de mauvaise foi et qu'ils doivent accepter certaines concessions, sans quoi, la grève risque de dégénérer. «Ils sont les seuls responsables de l'escalade de la violence», a-t-il précisé.

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