À la suite de l'exclusion de la CLASSE par la ministre

Négociations rompues

Première publication 25 avril 2012 à 12h54
Mise à jour : 25 avril 2012 à 18h14
TVA Nouvelles et Agence QMI

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont suspendu les discussions avec le ministère de l'Éducation, mercredi après-midi, quelques minutes après que Line Beauchamp eut annoncé que la CLASSE était exclue de la table de négociations.

En point de presse mercredi après-midi, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a déclaré que la CLASSE s'était exclue elle-même des négociations en faisant la promotion de différentes manifestations, par le biais de son site internet, alors qu'une trêve avait été exigée par Québec.

«On ne peut pas dire qu'on se dissocie d'un événement et en faire la promotion sur son site internet», a dit la ministre, faisant notamment référence à la manifestation qui s'est tenue mardi soir à Montréal, qui avait été affichée sur le site de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). «"Ostie" (sic) de grosse manif de soir pour la fin de la trêve», pouvait-on lire mardi sur leur site.

«Je déplore que la CLASSE ait choisi son camp, celui de la perturbation», a-t-elle lancé en point de presse, mercredi après-midi. Line Beauchamp estime que de cette façon, cette association étudiante «s'éloigne grandement des véritables enjeux qui concernent les étudiants».

La ministre a indiqué que les porte-parole de la CLASSE avaient été avisés de leur exclusion par l'intermédiaire du négociateur du ministère. Elle a également précisé qu'elle souhaitait que les discussions se poursuivent avec les deux autres organisations impliquées dans cette négociation, soit la FECQ et la FEUQ.

«Inacceptable», estime la CLASSE

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a vivement dénoncé la décision de la ministre Beauchamp, la qualifiant «d'absolument inacceptable».

Il a rappelé que le rassemblement de mardi soir à Montréal n'était l'initiative d'aucune des trois grandes associations étudiantes (FECQ, FEUQ, CLASSE), mais apparaissait néanmoins sur le site de son association. La CLASSE l'avait annulé lundi afin de respecter la trêve demandée par Line Beauchamp.

M. Nadeau-Dubois estime que la véritable raison de l'exclusion de son association étudiante, c'est «le refus de la ministre Beauchamp de parler de la hausse des droits de scolarité».

«Elle n'a pas cessé de chercher depuis 11 semaines toutes sortes de prétextes pour rejeter la CLASSE des discussions», a déclaré le porte-parole. Selon lui, cette décision de la part de la ministre mènera au prolongement de la grève et à la poursuite des tensions sur les campus québécois.

La FEUQ et la FECQ «extrêmement déçues»

Plus tôt, la FECQ et la FEUQ se sont dites «très déçues [...] que la ministre court-circuite le processus de négociations» et ont décidé d'un commun accord de suspendre le processus de négociations.

Les deux associations voient dans la décision de Line Beauchamp la preuve qu'il n'y a pas de réelle intention de dénouer la crise. «Les gestes que pose le gouvernement jettent de l'huile sur le feu», estime Léo Bureau-Blouin, de la FECQ.

De son côté, la porte-parole de la FEUQ «réitère son intention d'ouvrir sa délégation aux membres de la CLASSE», ce que l'association concernée a accepté. Il faut maintenant voir si la partie gouvernementale accepte cet aménagement, poursuit Martine Desjardins.

Pour la FECQ et la FEUQ, la CLASSE n'a rien à voir avec les actes de vandalisme commis en soirée mardi et mercredi à l'occasion de manifestations étudiantes dans la métropole.

L'opposition péquiste réagit

La chef du Parti québécois Pauline Marois est à son tour entrée dans le débat pour lancer un appel au calme.

«Il faut à tout prix que cessent les gestes de violence. J'en appelle aux étudiants, les gestes que nous avons vus dans les dernières heures ne servent que les intérêts du premier ministre (...) La seule chose à faire pour le gouvernement est de suspendre la hausse des frais de scolarité pour l'année 2012», a dit Mme Marois.

Mauvaise humeur

En matinée mercredi, Line Beauchamp s'était dite déçue des événements de la veille, alors qu'elle avait demandé une trêve dans les moyens de pression en début de semaine.

«Il semble bien que certains tirent profit de l'utilisation de telles manifestations, mais je ne pense pas que ce soit au profit de la cause étudiante. Je pense que c'est parce qu'on veut poursuivre d'autres causes, des soi-disant causes sociales. Donc, je répète que ça n'aide en rien la recherche de solutions», avait-t-elle déclaré devant les micros des médias.

Appel au calme

Deux associations étudiantes avaient lancé un appel au calme, mercredi matin, invitant les grévistes à respecter la trêve convenue avec la ministre de l'Éducation.

Les présidents de la FECQ et de la FEUQ ont senti le besoin de faire une déclaration publique en réaction à la manifestation qui a donné lieu à des gestes de vandalisme, mardi soir.

En vidéo

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.