Selon les porte-parole étudiants

Le projet de loi spéciale: une déclaration de guerre

Première publication 17 mai 2012 à 23h05
Mise à jour : 17 mai 2012 à 23h48
Par Rémi Nadeau | Agence QMI

Dépôt du projet de loi 78: notre couverture

La loi spéciale constitue une « déclaration de guerre », selon les fédérations étudiantes, qui écartent maintenant toute possibilité de rouvrir le dialogue avec le gouvernement.

«Ce n'est pas possible d'entamer un processus de discussions avec une menace aussi grande », a clamé le président de la Fédération étudiante collégiale, Léo Bureau-Blouin, qui n'a pas caché son désarroi devant la loi déposée jeudi soir.

«Inacceptable, intolérable, vraiment pire que ce à quoi on s'attendait », a-t-il martelé, visiblement secoué.

Selon lui, le projet de loi «vise à tuer les associations étudiantes» et constitue une limitation tout aussi excessive que déraisonnable du droit de manifester au Québec.

«Le gouvernement se sert d'une crise qu'il a lui-même créée pour transformer tout mouvement social d'expression citoyenne en crime, et un État qui a une tradition d'ouverture, en un État policier», a déclaré Léo Bureau-Blouin.

Tant la FECQ que la Fédération étudiante universitaire contesteront la loi qui, selon elles, contrevient aux chartes des droits de la personne.

«Avec cette loi, on vient dire aux jeunes que tout ce qu'ils ont créé depuis 14 semaines devient criminel, et qu'on n'a plus le droit d'exprimer publiquement notre désaccord», a ajouté la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, en a rajouté

«Ce soir est un soir très sombre. À partir de demain, la jeunesse du Québec ne sera plus libre de s'exprimer, de parler, de manifester ne sera plus libre de faire la grève. C'est un colossal retour en arrière»

«C'est un recul pour le Québec, pour la population québécoise; pour tout le monde. J'ai de la misère à décrire à quel point j'ai honte d'être gouverné par des gens qui osent déposer des projets de loi aussi ignobles.»

«C'est un projet de loi qui remet en question des libertés fondamentales, des droits constitutionnels reconnus, le droit à la liberté d'expression, liberté d'association et la liberté de manifestation.»

«Le gouvernement est en train de se servir d'un état d'urgence pour appliquer une loi spéciale à court terme, en sachant très bien que les procédures judiciaires sont trop longues pour nous permettre de la contester.»

«C'est un abus de pouvoir, c'est totalement inacceptable dans une démocratie de déposer un projet de loi comme ça, qu'on sait inconstitutionnel, mais quand on connaît les délais trop longs, il sait très bien qu'on n'aura pas le temps de contester devant les tribunaux.»

Ultime démarche

À quelques heures du dépôt de la loi spéciale, la FECQ et la FEUQ avaient lancé un ultime appel au compromis au gouvernement Charest, dans l'espoir de trouver une sortie de crise qui garantirait la paix sociale.

Appuyés tant par le Parti québécois que Québec solidaire, mais aussi des représentants du Mouvement des étudiants socialement responsables et de Robert Michaud, à l'origine de l'initiative «carré blanc», les deux leaders ont plaidé pour une reprise des négociations.
« Nous sommes ouverts à un compromis. Il ne faut pas que le désir de vengeance l'emporte sur la raison », avait plaidé Léo Bureau-Blouin.

« L'heure n'est plus à regarder les sondages ou vers une prochaine élection, l'heure est à régler une des pires crises que le Québec ait connues », avait clamé Martine Desjardins.

M. Bureau-Blouin a notamment affirmé qu'il était ouvert à revoir la proposition de la FECQ quant à la composition d'un éventuel comité de gestion des universités.

Martine Desjardins a toutefois précisé que le différend sur la composition du comité ne constitue pas la seule pomme de discorde avec le gouvernement.

Vendredi matin, à Québec, Louis Roy, président de la CSN, Réjean Parent, président de la CSQ, et Claude Maltais, représentant de la FTQ, réagiront au dépôt de ce projet de loi en conférence de presse. Ils seront accompagnés des représentantes et des représentants des quatre associations étudiantes, soit la FECQ, la FEUQ, la CLASSE et la TaCEQ.

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