Lutte contre la hausse des frais de scolarité

Mobilisations estivales et carré rouge

Première publication 10 juin 2012 à 12h45
Mise à jour : 10 juin 2012 à 18h36
Agence QMI et TVA Nouvelles

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a annoncé dimanche un élargissement du mouvement de protestation contre la hausse des droits de scolarité, qui dure depuis le mois de février.

«Nous allons organiser plusieurs mobilisations partout au Québec lors des prochaines semaines, a déclaré Éliane Laberge, récemment élue à la tête de la FECQ. Il y a un malaise au sein de la population en ce moment face à la fermeture du gouvernement et nous voulons que les Québécois expriment ce malaise».

Une douzaine de manifestations sont prévues cet été à partir de la semaine du 17 juin à la grandeur de la province. Ces rassemblements «culmineront» par une grande protestation le 22 juin à Montréal, «date qui deviendra une tradition pour les grandes mobilisations», souhaite la présidente de la FECQ.

Elle a dit garder bon espoir quant à la pérennité du mouvement protestataire, même si le mouvement des casseroles semble un peu s'essouffler. Les manifestants cherchent selon elle à trouver de nouveaux modes de contestation.

Éliane Laberge n'a d'ailleurs pas caché que les efforts de sensibilisation de la population se font en perspective d'une imminente campagne électorale.

«Historiquement, les étudiants votent peu, c'est pourquoi nous voulons garder vivante la mobilisation cet été, afin que les Québécois gardent en tête les enjeux», a soutenu Mme Laberge.

Par ailleurs, selon elle, la possibilité d'un dialogue entre les étudiants et le gouvernement reste toujours un sujet d'actualité.

«La crise est encore bien présente au Québec et la médiation est un choix préférable pour résoudre la situation», a insisté Mme Laberge, ajoutant qu'elle espérait toujours une reprise des négociations avec le gouvernement Charest.

De nombreux acteurs politiques, dont l'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ont réclamé l'intervention d'un médiateur pour mener les discussions entre les deux parties.

Carré rouge, signe non violent

Questionnée sur les nombreuses arrestations et expulsions de citoyens qui tentaient de se rendre sur l'île Notre-Dame, dimanche, pour le Grand Prix de Montréal, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Martine Desjardins a déploré que certains tentent d'associer le carré rouge à un signe «violent».

«Ça commence à être inquiétant qu'on fasse justement des arrestations seulement à la vue, en fait, d'un carré rouge, a-t-elle expliqué. Il va falloir faire la part des choses. On entend souvent le gouvernement dire que les gens qui arborent le carré rouge, surtout quand monsieur le premier ministre interpelle la chef de l'opposition, c'est un signe de violence. Je rappelle que le carré rouge, ça veut dire carrément 'dans le rouge'. C'est un signe d'endettement étudiant.»

Martine Desjardins a tenu bon de rappeler que «le mouvement [étudiant] est non violent, pacifique».

Mêmes échos de la part de la présidente de la FECQ. 

«C'est extrêmement dangereux pour une société, le moment où les citoyens ne se sentent plus à l'aise de dire ce qu'ils pensent et de s'adresser à leur gouvernement. Et on sent que c'est ça qui est en train d'arriver», a-t-elle dit.

Mme Laberge a également souligné l'impressionnante mobilisation étudiante qui se tient depuis le mois de février dernier.

«Je pense qu'on a démontré notre détermination, a-t-elle dit. C'est comme ça qu'on devrait voir, en fait, la signification du carré rouge et non autrement.»

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