Commission Charbonneau

Duchesneau a coulé son propre rapport

Première publication 14 juin 2012 à 16h07
Mise à jour : 14 juin 2012 à 18h31
TVA Nouvelles et Agence QMI

Au deuxième jour de son témoignage à la commission Charbonneau, Jacques Duchesneau a avoué avoir lui-même donné son rapport aux journalistes de peur de le voir ignorer.

Lorsqu'on lui a demandé s'il savait comment le rapport final de l'Unité anticollusion (UAC) avait été rendu public, il a répondu: «C'est moi qui ai remis une copie à un journaliste».

Il s'est justifié en expliquant que les membres de son équipe et lui ne voulaient pas voir leur rapport remisé sur une tablette.

Son rapport alarmant, rédigé après 18 mois de travail et 500 témoignages, montrait une industrie de la construction rongée par la corruption et un ministère des Transports (MTQ) ayant perdu le contrôle de la situation.

Pourtant, l'ancien ministre des Transports, qui a été ingénieur pour la firme Roche, ne semblait pas intéressé à en prendre connaissance, selon Jacques Duchesneau.

«Il ne voulait pas le voir. Il s'est reculé et a dit "Moi je ne veux pas le voir le rapport, mes adjoints vont s'en occuper" et c'est de même que la réunion s'est terminée», a expliqué Duchesneau.

Devant les journalistes, Hamad a plutôt expliqué qu'il s'agissait d'un malentendu.

«C'est dommage qu'il ait eu cette impression. Ce qui est important, il a fait un bon travail, ses recommandations ont été mises en application, c'est ça qui est important» s'est défendu le ministre.

En divulguant son rapport, Jacques Duchesneau a enfreint l'article 5 de son contrat qui le liait au gouvernement.

TVA Nouvelles a appris que, dans ce contrat, Jacques Duchesneau s'était engagé «à ce que ni lui, ni ses employés ne divulguent, sans y être autorisés par le ministre, quelque document, renseignement ou information obtenus dans le cadre de l'exécution du contrat».

Le témoignage de Duchesneau à la commission Charbonneau se poursuivra lundi matin.


 
 
 
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