Commission Charbonneau

Catania montré du doigt par Duchesneau

Première publication 18 juin 2012 à 22h50
Catania montré du doigt par Duchesneau
Crédit photo : Agence QMI
Par Jean-Louis Fortin | Agence QMI

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Le nombre de chargements de terre contaminée nécessaires pour le controversé projet du Faubourg Contrecoeur aurait été volontairement exagéré de 900 % pour permettre à des entreprises de s'enrichir indûment avec des fonds publics.

C'est ce qu'a affirmé Jacques Duchesneau, lundi, devant la commission Charbonneau, qui fait la lumière sur de nombreuses allégations de corruption dans l'industrie de la construction.

Selon l'ancien patron de l'Unité anticollusion (UAC), un ingénieur a annoncé qu'il faudrait 1 000 chargements de terre contaminée pour le site du projet domiciliaire dans l'est de Montréal, sachant fort bien que seuls 100 chargements seraient nécessaires.

Il a par la suite communiqué cette information à un entrepreneur, lui conférant un avantage au moment de sa soumission.

« La firme, c'est Catania », a dit Jacques Duchesneau. Justement, c'est Catania qui avait été choisie pour mener à bien le projet, en 2007. La ville de Montréal lui avait alors vendu un terrain de 38 hectares pour la somme de 4,4 millions $, alors que sa valeur au rôle d'évaluation était plutôt de 31 millions $.

Frappe policière

Paolo Catania, qui dirige l'entreprise, a été arrêté le 17 mai dernier en compagnie de 8 autres personnes, dont Frank Zampino, l'ancien président du Comité exécutif de la Ville, dans une frappe policière qui était justement liée au Faubourg Contrecoeur.

Quant aux quelques chargements réels de terre contaminée, ils ont été expédiés sur les terrains de la firme Écolosol, à Mascouche. Son président, Normand Trudel, a été arrêté le 17 avril dans une autre autre affaire, qui concerne des pots-de-vin et impliquerait le maire de Mascouche Richard Marcotte, selon la police.

«Là où les terres contaminées devaient aller, on eu beaucoup d'informations de gens du secteur qui nous disaient qu'il y avait tellement peu de terre contaminée qu'on cherchait des terres contaminées partout», a raconté Jacques Duchesneau.

Tony Accurso

Pour la première fois, lundi, des entreprises et des individus - une dizaine au total - ont été nommés devant la commission Charbonneau, gracieuseté de Duchesneau et de deux de ses anciens collègues de l'UAC.

Une firme liée à l'homme d'affaires Tony Accurso, Simard-Beaudry Construction, a été identifiée lorsqu'il a été question d'un stratagème douteux associé à la construction d'un pont au dessus de l'autoroute 20, à Saint-Mathieu-de-Beloeil, en Montérégie.

Pas moins de 16 soumissions, très semblables les unes des autres, avaient été présentées, et leur prix était de plus de 30% inférieur à l'estimation du MTQ. Mais le ministère ne s'est douté de rien face à cette « irrégularité », qui « pave la voie à des avenants et réclamations », selon le rapport de l'UAC.

C'est Simard-Beaudry qui a remporté la mise, avant de demander et d'obtenir un dédommagement de 1,1 million $ suite à l'annulation du contrat.

Le témoignage de Jacques Duchesneau se poursuit mardi.

 
 
 
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