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Alors que le Canada faisait obstacle aux propositions visant à cesser les subventions gouvernementales versées aux compagnies pétrolières, Jean Charest s'est construit une réputation de visionnaire en matière de développement durable au Sommet Rio 20.
«Nous bénéficions d'une réputation enviable auprès des autres pays (...) qui croient en la nécessité d'appliquer les grands principes du développement durable à l'ensemble de nos activités», s'est réjoui le premier ministre au moment de quitter Rio de Janeiro. Le Plan Nord, la bourse du carbone et le plan de lutte aux changements climatiques ont été les principaux arguments utilisés par le premier ministre.
«Le Canada a continué de nous faire honte à Rio», a fulminé le député péquiste Scott McKay. La délégation canadienne a manœuvré pour exclure de l'entente finale d'importantes propositions, dont la fin des subventions publiques versées aux pétrolières, dit-il. Le gouvernement Harper aurait versé 3,7 milliards de dollars aux pétrolières depuis 2009, soutient l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).
Selon Scott McKay, Jean Charest a raté une occasion de dénoncer les manœuvres du gouvernement Harper. À son avis, la visite du premier ministre à Rio s'est limitée à un exercice de «relations publiques».
Pour sa part, la directrice d'Initiative boréale canadienne, section Québec, repart de Rio satisfaite des engagements pris par Jean Charest au sujet du plan de protection environnementale relié au Plan Nord.
Suzann Méthot avait interpellé publiquement le premier ministre, en début de semaine, lui reprochant d'avoir présenté un projet de loi vide de sens, au sujet du Plan Nord. «Nous sommes venus ici pour attirer l'attention du premier ministre et de ses partenaires internationaux. M. Charest s'est engagé à apporter des correctifs au projet de loi 65. Nous sommes rassurés», a dit Mme Méthot.
Le Plan Nord continue à soulever des inquiétudes, particulièrement chez les Inuits. «Vous êtes ici au Brésil pour faire la promotion du Plan Nord. Vous faites de la publicité partout dans le monde, mais rien chez nous. Comment se fait-il que les chefs du Nunavik ne soient pas avec vous pour parler du Plan Nord? Nous avons notre mot à dire. Cette terre est aussi la nôtre. Qui est en train de se l'approprier? Pourrons-nous profiter du Plan Nord», a demandé Minnie Molly Snowball, une jeune Inuite de Kangiqsualujjuaq, alors qu'elle s'adressait au premier ministre Charest, dans une rencontre privée.
Le président de la Confédération des syndicats nationaux, Jean-Louis Roy, s'est également exprimé. «Le Plan nord devrait être une occasion de développer le Nord québécois en fonction des besoins des Premières Nations, des Inuits et de l'ensemble des Québécois. C'est une occasion en or de solidariser tout le Québec en fonction d'un développement durable de notre bien commun», a dit M. Roy.
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