Grève étudiante

Les profs de cégep songent à exercer des moyens de pression

Première publication 27 juin 2012 à 05h12
Les profs de cégep songent à exercer des moyens de pression
Crédit photo : Archives Agence QMI
Selon les professeurs de cégep, la prochaine rentrée scolaire leur occasionnera une surcharge de travail importante.
Par Sarah-Maude Lefebvre | Agence QM

Rien ne va plus entre Québec et les professeurs de cégep, alors que ces derniers songent à exercer des moyens de pression lors de la reprise des cours en août.

Malgré plusieurs jours de négociations, les professeurs n'arrivent pas à s'entendre avec la Fédération des cégeps et le ministère de l'Éducation quant au rattrapage de la session d'hiver.

«Nous sommes loin d'une entente, a révélé au Journal le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne. La proposition de la Centrale des syndicats du Québec (CSN) n'est pas raisonnable. Nous ne sommes pas à la même page.»

Une différence de 30 M$

Les enseignants des cégeps commenceront à offrir des cours à la mi-août pour rattraper les cours d'hiver manqués pendant la grève étudiante. Cette session compressée se terminera à la fin septembre, après quoi débutera officiellement le trimestre de l'automne 2012.

Selon les professeurs de cégep, cette situation leur occasionnera une surcharge de travail importante et ils réclament que l'on embauche des centaines d'enseignants supplémentaires pour les épauler.

La Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ) croit que la reprise des cours pourrait coûter de 40 à 70 millions $, une estimation que la Fédération des cégeps trouve démesurée.

«De notre côté, on estime que le coût de la rentrée des classes sera davantage de 10 M$ à 15 M$. La FNEEQ souhaiterait que l'on embauche des centaines d'enseignants à temps complet. C'est impossible à réaliser», a affirmé M. Beauchesne.

Moyens de pression à l'automne ?

Si aucune entente ne survient d'ici vendredi, les discussions ne reprendront qu'en août, à quelques jours du retour en classe des cégépiens après la grève.

Si les négociations échouent à nouveau, les enseignants n'excluent pas la possibilité d'exercer des moyens de pression.

«Nous n'avons pas beaucoup de latitude, mais on peut en faire. Ça ne sera pas un contexte facile, surtout quand on sait que ce ne sont pas tous les étudiants qui voudront revenir en classe», a prédit à ce sujet Micheline Thibodeau, vice-présidente à la FNEEQ-CSN.

Cette possibilité inquiète aussi la Fédération des cégeps qui entend toutefois exiger que tous ses professeurs permanents se présentent en classe.

La Fédération étudiante collégiale du Québec souhaite de son côté que ce conflit se règle «le plus rapidement possible» pour que le climat soit «serein lorsque les étudiants voudront retourner en classe».

«Beaucoup d'étudiants nous interpellent, car ils n'ont toujours pas reçu d'instructions claires pour le retour à l'école. C'est inquiétant», a déploré la présidente Éliane Laberge.

 
 
 
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